Les gens se convertissent parce qu’ils cherchent le sens de leur vie
Rome, 9 février 2001 (APIC) En Azerbaïdjan, la misère sociale est liée à la crise spirituelle, explique le Supérieur salésien de la Mission de Bakou, qui compte quelques dizaines de catholiques. Les gens cherchent un sens à leur vie et le rôle de l’Eglise est déterminant pour restaurer les valeurs. A l’occasion de sa première visite «ad limina» à Rome, la semaine dernière, le Père Joseph Daniel Pravda a livré son regard à l’agence vaticane Fides, sur une république en proie à une crise économique renforcée par la présence d’un million de réfugiés du Nagorny Karabakh.
Il existait déjà une paroisse catholique à Bakou, capitale de la République d’Azerbaïdjan avant la révolution communiste. L’église a été détruite dans les années 50 et son dernier prêtre, Stefan Demurov, a disparu à cette époque. Il est probablement mort dans un camp de concentration en Sibérie. En 1997, un prêtre polonais du Chemin néo- catéchuménal, l’abbé Jerzy Pilus, est arrivé à Bakou, où il a trouvé une trentaine de catholiques. Avec l’aide de séminaristes qui venaient périodiquement de Varsovie, de Londres et de Copenhague il a préparé une vingtaine de catéchumènes. Il y a également des catholiques chez les étrangers résidant dans la capitale: diplomates, personnel des compagnies pétrolières, conseillers techniques.
Depuis 1998, l’Azerbaïdjan est sous la responsabilité de la Congrégation romaine pour l’Evangélisation des Peuples. Le 11 octobre 2000 a vu la création de la mission «sui juris» de Bakou, confiée aux salésiens. Son supérieur est le Père Daniel Pravda, un Slovaque, aidé par un frère salésien laïc.
Le catholicisme attire les intellectuels
Dans cette République de l’ex-URSS, l’Eglise catholique attire surtout les intellectuels: médecins, enseignants, savants, le Père Joseph Daniel Pravda. Les gens se convertissent parce qu’ils recherchent le sens de la vie. La plupart d’entre eux ont tout d’abord fréquenté des mouvements religieux orientaux. Les Azerbaïdjanais ont chassé les fondamentalistes islamiques, les fondamentalistes protestants et les sectes, par crainte de tensions sociales. Le fondamentalisme islamique est redouté par la population et par le gouvernement qui s’y oppose de toutes les manières possibles, confie le Père Pravda. Peut-être existe-t-il des groupes clandestins de fondamentalistes mais ils n’ont pour l’heure que peu d’influence. La chute du mur de Berlin et du communisme a apporté la misère, la délinquance, la corruption, la criminalité: Beaucoup sont nostalgiques du passé. La population recherche les biens de première nécessité et la sécurité. Ces quatre dernières années, la corruption s’est généralisée. Des secteurs entiers du gouvernement sont impliqués dans ce réseau de corruption qui concentre le pouvoir économique dans les mains de quelques-uns, estime le père Pravda.
Un million de réfugiés
La ville de Bakou connaît une crise économique profonde. Il y a un million de réfugiés du Nagorny Karabakh, et 200’000 sont dans notre ville, explique l’évêque. Les gens n’ont rien à manger, alors que ceux qui sont au pouvoir continuent à construire des palais et à circuler dans des voitures coûteuses. Les enfants ne vont plus à l’école parce qu’ils n’ont plus de vêtements. Par chance, le sens de la famille est encore vivant, les gens s’aident, partagent ce qu’ils ont. Les Eglises cherchent à apporter l’éducation pour reconstruire la conscience. Le communisme a détruit la nature, la culture du passé, la personnalité de l’Azerbaïdjan, explique le Père salésien.
La Mission d’Azerbaïdjan est enregistrée en tant que communauté catholique, non comme Eglise. Elle dispose d’une chapelle et de locaux pour des activités sociales, dans la maison où Salésiens font le catéchisme et s’occupent des démunis.
Activité limitée pour les missionnaires étrangers
L’Azerbaïdjan se définit comme Etat démocratique et laïc, mais il a introduit une loi qui limite l’activité des missionnaires étrangers. Les personnes peuvent venir chez nous, mais nous ne pouvons pas aller chez eux. On considère que ceux qui optent pour le catholicisme renient leur propre culture.
L’Azerbaïdjan a une superficie de 86’000 km² et une population de 7’000’000 d’habitants environ. 3 millions d’Azerbaïdjanais sont à l’étranger, en Iran, en Russie et en Géorgie. La capitale Bakou compte 1’800’000 de résidents. 88% sont musulmans – chiites (62%) et sunnites (26%) -, 10% sont orthodoxes et 2% arméniens. Le président de la République Heydar Aliyev a été élu en 1993. (apic/fs/mjp)



