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Publication de l’»Instrumentum laboris», en vue du Synode des évêques

130 pages et 5 chapitres, fruits du «lineamenta»

Rome, 1er juin 2001 (APIC) L’»Instrumentum laboris», le document de travail pour la Xème assemblée générale ordinaire du Synode des évêques qui aura lieu du 30 septembre au 27 octobre 2001, a été publié le 1er juin par le Synode des évêques, dont le secrétaire général est le cadinal belge Jan Schotte. Ce document de 130 pages en 5 chapitres est, pour une bonne part, le fruit d’un questionnaire, le «lineamenta», qui avait été envoyé aux évêques du monde entier en juillet 1998.

Au travers du thème du Synode choisi par Jean Paul II, «L’évêque, serviteur de l’évangile de Jésus-Christ pour l’espérance du monde «, le document expose point par point la place et la mission de l’évêque dans l’Eglise particulière et universelle ainsi que des questions problématiques soulevées grâce au travail des évêques sur le questionnaire. Lors du synode, c’est ce document qui servira de base et qui devra être cité en référence lors de chacune des interventions des pères synodaux.

Dans l’introduction de l’»Instrumentum laboris», sont exposées les raisons de la convocation du synode qui se situe à la fois «dans la perspective d’un nouveau millénaire» et «dans le sillage des assemblées synodales précédentes». Des raisons à caractère théologique ­ réaffirmer après le Jubilé que «c’est en Jésus-Christ que réside l’espérance du monde et de l’homme  » – mais aussi des raisons ecclésiologiques. En effet, les précédentes assemblées ordinaires ­ pour les laïcs en 1987, pour les prêtres en 1990, pour la vie consacrée en 1994 ­ «ont conféré un élan de renouveau aux différentes vocations dans le peuple de Dieu, et il convient maintenant d’orienter vers l’avenir la mission du peuple de Dieu tout entier, en communion avec ses pasteurs «.

En lien avec les assemblées synodales spéciales

Par ailleurs, le document souligne que le prochain synode bénéficiera des fruits des différentes Assemblées synodales spéciales qui ont été convoquées pour l’Europe en 1991 et 1999, pour l’Afrique en 1994, pour l’Amérique en 1997 et pour l’Océanie en 1998. Ce document, peut-on lire, «ne veut pas s’étendre dans une longue description de la situation mondiale, ni encore moins porter l’attention sur des questions à caractère particulier ou régional, déjà examinées dans les assemblées continentales précédentes «. Enfin, des raisons «anthropologiques et sociales  » ont contribuées à la convocation de ce synode. En effet, l’Eglise se demande «sur quelle piste s’achemine l’humanité  » et s’interroge sur «la manière d’annoncer l’Evangile «.

L’introduction fait également référence au Concile Vatican II durant lequel «la réalité du collège épiscopal a été remis à l’honneur  » pour affirmer que «en tant que membre de ce collège, tous les évêques ont été consacrés non seulement pour un diocèse, mais pour le salut du monde entier «. Cependant, est-il précisé, ce synode «se réfère plus concrètement d’une façon particulière à l’évêque diocésain dans son Eglise particulière «.

Ce synode sera placé sous le signe de l’unité. En effet, «il constituera sans doute l’occasion pour vérifier que plus l’unité des évêques avec le pape, entre eux et avec le peuple de Dieu est solide, plus la communion et la mission de l’Eglise résultent enrichie et plus leur ministère sera renforcé et confirmé «.

Un ministère d’espérance

Ce premier chapitre présente une vision générale de la situation du monde d’aujourd’hui et s’attache à décrire les problèmes religieux et éthiques ainsi que les situations ecclésiales émergentes, notamment dans les anciens pays totalitaires où, «l’Eglise doit promouvoir l’éducation à la liberté et purifier les pratiques dévotionnelles dépourvues de bases solides «. On constate aussi, que «le futur de l’Eglise du IIIème millénaire se présente progressivement comme une décentralisation de la présence des catholiques vers les pays de l’Afrique et de l’Asie «.

Mystère, ministère et chemin spirituel de l’évêque

Le second chapitre illustre l’être, l’agir et la spiritualité de l’évêque et se divise en deux parties, «mystère et grâce de l’épiscopat  » et «la sanctification dans le ministère propre «. Entre autres points, le document précise que pour «augmenter l’affection collégiale «, l’évêque est invité à «vivre avec ses frères dans l’épiscopat des moments de rencontres spirituelles «. Par ailleurs, «sans crainte de donner leur vie pour leurs brebis, les évêques doivent exercer en perfection la charge de la charité pastorale «. Pour éviter le «risque du découragement  » devant «les pressions des moyens de communication «, où encore des «accusations injustes «, l’évêque doit «rechercher le conseil spirituel, l’amitié et la communion fraternelle «. Enfin, «l’attention à sa propre santé physique, psychique et spirituelle est pour l’évêque un acte d’amour envers ses fidèles, une garantie d’une plus grande disponibilité et une ouverture aux inspirations de l’Esprit «.

L’épiscopat, ministère de communion et de mission dans l’Eglise universelle

Le chapitre suivant est une description du ministère de communion et de mission de l’évêque en général où sont rappelés quelques aspects de la communion avec le successeur de Pierre, avec sa mission et avec le Saint-Siège. «Un évêque n’est jamais seul, est-il ainsi rappelé, grâce au lien qui l’unit au collège épiscopal, avec le pontife romain comme chef et jamais en dehors de son chef «. Les visites «ad limina  » sont ainsi citées comme un exemple et un «moment important de communion avec le pape et les organismes du Saint-Siège «.

Concernant le rôle des Conférences épiscopales, le document rappelle que «pour que les déclarations doctrinales de la Conférence épiscopale obligent les fidèles à y adhérer d’une âme religieuse obéissante, elle doivent être soit approuvées à l’unanimité, soit approuvées à la majorité qualifiée, pour obtenir la `recognitio’  » de la part du Saint-Siège «. Se référant au «Lineamenta  » de 1998, l’Instrumentum laboris pose une question de fond pour «une clarification des rapports  » entre les différents évêques lorsqu’ils sont installés dans un même territoire, notamment dans le cas d’une prélature personnelle ou d’un ordinariat militaire «. «Des critères précis doivent être fixés pour favoriser le témoignage de l’unité  » souligne le document.

Le document affirme par ailleurs ­ sans ajouter de commentaires – que «parmi les réponses aux «Lineamenta «, certains traitent l’argument des consultations préliminaires à l’élection des évêques afin de favoriser par ce moyen le choix du candidat le plus approprié à la mission qui lui sera confié «.

L’évêque au service de son Eglise

Ce chapitre, qui est le plus long des cinq, est centré sur la figure de l’évêque diocésain et se divise en trois parties. La première, sur «l’évêque dans son Eglise particulière «, donne des indications théologiques sur «l’Eglise particulière dans son rapport avec l’Eglise universelle «. On affirme ainsi par exemple que, «le fidèle, tout en appartenant à une Eglise particulière, appartient à toutes les Eglises particulières «.

La seconde partie, sur «la communion et la mission dans l’Eglise particulière «, décrit les rapports concrets avec les composantes des Eglises particulières, à savoir les prêtres et les diacres, les séminaires et les vocations, les fidèles consacrés, les laïcs, les paroisses où encore les mouvements et les nouvelles communautés. Concernant les deux derniers points, le document affirme, toujours en fonction des réponses aux «Lineamenta «, que «sont indiqués avec une particulière insistance, certains mouvements ecclésiaux véritablement constructifs. Il est fait allusion à d’autres qui n’aident aucunement l’Eglise locale à croître et d’autres encore qui, élevant à des prétentions particulières, risquent de se soustraire à la communion entre tous «. «Ainsi, poursuivent-ils, est-il demandé d’affronter le problème de leur statut théologique et juridique au sein de l’Eglise particulière et de préciser leur rapport concret avec l’évêque «.

La dernière partie sur «le ministère épiscopale au service de l’évangile «, reprend le triple ministère de l’évêque dans l’Eglise locale, celui de la parole, celui de la sanctification et celui du gouvernement. Des questions pratiques sont ainsi énoncées comme «la nécessité d’une présence à plein temps de l’évêque dans son diocèse «, mais aussi, «la stabilité de l’évêque dans son diocèse  » et cela afin d’éviter «la discontinuité des travaux  » et quelques tentations de s’échapper vers «d’autres Eglises particulières plus prestigieuses et moins problématiques «. Enfin, beaucoup demandent plus de clarté dans «la reconnaissance publique des lois ecclésiastiques  » dans le cadre de procès impliquant des ecclésiastiques. «L’évêque doit voir reconnue sa liberté et sa responsabilité dans le procès aux yeux de ses fidèles, en évitant tout scandale «.

Au service de l’évangile pour l’espérance du monde.

Le dernier chapitre présente les diverses thématiques du ministère pastoral pour le monde, évoquant ainsi les thèmes de la coopération missionnaire, de l’oecuménisme, du dialogue interreligieux, et de l’intervention contre les sectes et le satanisme. Il aborde par ailleurs les thèmes de l’attention aux nouvelles formes de pauvretés ainsi que celui de la justice et de la paix.

Concernant l’oecuménisme, par exemple, «l’évêque doit répandre au milieu de ses fidèles sa passion pour l’unité, sans toutefois admettre les gestes ambigus et hâtifs qui, par leur impatience, sont nuisibles à l’oecuménisme véritable «. Quant au dialogue interreligieux, les évêques doivent porter «en premier lieu, une attention au dialogue spécifique avec les frères d’Israël, le peuple de la Première alliance «. Pour bien conduire ce dialogue, «les fidèles doivent être convaincus que l’unique religion véritable réside dans l’Eglise catholique et apostolique «.

Concernant la pauvreté, «offrir des solutions aux questions économiques et sociales n’est pas une tâche spécifique de l’Eglise, mais sa doctrine contient un ensemble de principes indispensables à la construction d’un systèmes social et économique juste  » et l’évêque doit promouvoir ses principes. Précisant le rapport de l’Eglise avec la société civile et politique ­  » elles sont indépendantes et autonomes et ont cependant en commun de servir la vocation personnelle et sociale des mêmes personnes  » ­ le document précise que l’Eglise «peut chercher des solutions pour des problèmes d’ordre temporels, surtout là où la dignité de l’homme est compromise et où ses droits les plus élémentaires sont bafoués». (apic/imed/pr)

1 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 7  min.
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