Etats-Unis: L’archevêque chaldéen catholique de Bassorah réclame la levée des sanctions
Les illustrations de ce reportage sont à commander à l’agence CIRIC: CIRIC, Chemin des Mouettes 4, CP 405, CH-1001 Lausanne. Tél. ++41 21 613 23 83 Fax. ++41 21 613 23 84 E-Mail: ciric@cath.ch
5’000 enfants irakiens meurent chaque mois à cause de l’embargo
Baltimore, 25 septembre 2000 (APIC) L’archevêque chaldéen catholique de Bassorah, Mgr Gabriel Kassab, a réclamé «au nom de l’humanité» la levée des sanctions contre l’Irak, affirmant que 5’000 enfants irakiens meurent chaque mois à cause de l’embargo. En visite à Baltimore, aux Etats-Unis, le prélat irakien a lancé un appel au peuple américain afin qu’il fasse pression sur le gouvernement de Washington pour mettre un terme aux cruelles sanctions de l’ONU. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont opposés à une levée des sanctions.
Durant sa visite à Baltimore, Mgr Gabriel (Djibrail) Kassab a déploré que les Etats-Unis imposent des souffrances indicibles à la population irakienne, en particulier aux enfants, qui meurent par dizaines de milliers en raison du manque de nourriture et de médicaments. Le climat est au désespoir, a-t-il déclaré. Mgr Kassab visite l’Ohio, New York et le Michigan pour faire prendre conscience aux Américains des conséquences désastreuses des sanctions sur le petit peuple irakien.
Des opérations sans anesthésie
«Je suis témoin que dans de nombreux hôpitaux, il n’y a même pas une seringue pour faire des injections, et il y a des opérations qui se font sans anesthésie», a-t-il déclaré aux catholiques de Baltimore. L’archevêque de Bassorah, au Sud de l’Irak, était accompagné par le cardinal William H. Keeler, de Baltimore, et l’évêque auxiliaire de Detroit, Mgr Thomas J. Gumbleton.
Mgr Djibrail Kassab a encore rappelé que le système scolaire a été détruit par dix années de sanctions contre son pays: «Les enfants ne vont plus à l’école parce qu’ils doivent soutenir leurs familles en allant mendier dans les rues, forcés qu’ils sont à faire également d’autres choses inacceptables…». L’archevêque de Bassorah a affirmé que près de 84% des écoles irakiennes ont besoin de grosses réparations après la dévastation causée par la Guerre du Golfe. «C’est le peuple innocent, et seulement les gens ordinaires, qui souffrent des sanctions», a-t-il lancé. L’Eglise catholique irakienne aide à soulager les souffrances des gens, qu’ils soient musulmans ou chrétiens, mais ne peut faire face à toutes les demandes.
L’Eglise pour une levée de l’embargo
En 1998, le cardinal Keeler avait signé une lettre avec un groupe de cardinaux et d’évêques destinée au président Clinton, afin qu’il permette l’acheminement de l’aide humanitaire à l’Irak. Pour le prélat américain, l’embargo a frappé de nombreuses familles et enfants qui ne devraient pas être victimes de différends politiques. Mgr Gumbleton, qui s’est rendu en Irak à cinq reprises, a confirmé que les conditions sur place sont «presque au-delà du désespoir’’. Il a vu de nombreux enfants souffrant de maladies dues aux radiations émises par les munitions à l’uranium appauvri utilisées durant la Guerre du Golfe. Beaucoup d’Irakiens souffrent également de troubles psychologiques. (apic/cns/be)



