Canada: La Conférence épiscopale interpelle le gouvernement israélien
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L’activité pastorale de l’Eglise en Terre Sainte perturbée
Ottawa, 8 avril 2001 (APIC) A la veille des fêtes de Pâques, la Conférence épiscopale catholique du Canada (CECC) interpelle le gouvernement israélien pour lui faire part de ses inquiétudes concernant la liberté de mouvements des responsables chrétiens de Terre Sainte.
Dans une lettre à l’ambassadeur d’Israël au Canada, David Sultan, Mgr Gerald Wiesner, évêque de Prince George et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, déplore une série d’incidents impliquant l’armée israélienne. «Nous avons appris récemment que les forces militaires d’Israël ont fait obstacle aux visites pastorales du Patriarche latin de Jérusalem, Sa Béatitude Michel Sabbah, et de l’évêque auxiliaire à Jérusalem, Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo», écrit Mgr Wiesner.
Des soldats israéliens ont ainsi empêché le mois dernier le Patriarche Michel Sabbah d’effectuer une visite pastorale à Ein Arik. Auparavant, des soldats avaient fait feu sur une auto transportant Mgr Marcuzzo, de même que son secrétaire, le P. Elie Kurzum, et le pasteur de Shefa Amer, alors qu’ils se rendaient en visite pastorale à Zababdeh, en Cisjordanie. Leur automobile arborait le drapeau du Saint-Siège.
Mgr Wiesner dénonce des «actes d’ingérence»
«Tout en appréciant que des excuses aient été faites par le gouvernement d’Israël, à titre de président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, je désire vous faire part du fait que les fidèles et les pasteurs de l’Eglise catholique au Canada sont très préoccupés par ces actes d’ingérence. Ceux-ci vont à l’encontre des principes de la diplomatie, ils entravent la liberté d’action et l’exercice de la liberté religieuse – même par des chefs religieux –, et sont conséquemment la cause injustifiée de sanctions collectives.»
La Conférence épiscopale canadienne partage la position exprimée la semaine dernière par les 13 chefs des Eglises chrétiennes à Jérusalem, affirmant que «la violence qui s’est intensifiée au cours des derniers mois ne cessera que lorsque les deux parties belligérantes en viendront à respecter les droits de l’autre, tout en reconnaissant la dignité et la valeur de chaque vie humaine, homme, femme et enfant. Il nous semble que, dans le présent conflit, le respect de la liberté religieuse constitue un moyen approprié de manifester l’importance fondamentale des droits humains».
Sentences injustes et discriminations des tribunaux israéliens envers les Palestiniens
De son côté, «Pax Christi International» dénonce les injustices et les discriminations dont se rendent coupables les tribunaux israéliens envers les Palestiniens et les cas de violences graves sur des civils palestiniens sans défense, de la part de colons israéliens dans les Territoires Occupés. Dans son intervention à la Commission de l’ONU pour les Droits de l’Homme, lors de sa réunion à Genève, Pax Christi avait demande que soit créée une Commission d’enquête internationale sur ces violations des droits de l’homme.
Depuis le 28 septembre 2000, date du début de la «nouvelle intifada», déclare Julia Stuckey, déléguée permanente de Pax Christi à la Commission de l’ONU pour les Droits de l’Homme, «les colons juifs de la Bande de Gaza et de Cisjordanie se sont organisés et ont intensifié les actes de violence contre les civils palestiniens, alimentant une spirale de violence. De leur côté, les Palestiniens ont commis des actes de violence contre les colons.»
Des juges partiaux
Mais, selon ce que note Pax Christi, la réaction des tribunaux d’Israël n’est pas impartiale: «Le 21 janvier dernier, un colon qui avait tué un jeune Palestinien de 12 ans a été condamné à six mois de travaux forcés et à verser une indemnité de 17’500 dollars; le même jour, un jeune Palestinien, qui avait tenté de poignarder un colon, a été condamné à six ans et demi de prison».
Pax Christi demande ainsi à la Communauté internationale de «faire pression sur Israël afin que ce pays cesse ses pratiques discriminatoires dans les territoires occupés, et respecte les règles reconnues au plan international en matière d’égalité devant la loi… Israël doit aussi assurer la sécurité des civils palestiniens et de leurs biens dans les régions qui sont sous leur contrôle. La communauté internationale devrait de même appliquer la résolution n° 1322 du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui vise à la création d’une Commission d’enquête internationale, et l’envoi d’une force internationale d’observation afin de protéger la population palestinienne contre l’utilisation aveugle de la force».
Les colons jouissent de l’impunité
Ces derniers mois, lit-on dans la dénonciation présentée à l’ONU, «des colons juifs ont tué au mois sept Palestiniens, ils en ont maltraité et blessé au moins 39, battu 11; il y a aussi 48 rapports concernant des lancements de pierres, 98 personnes agressées et frappées, et plus de 48 attaques lancées contre les propriétés, y compris la destruction d’oliviers; 4 cadavres de Palestiniens ont été retrouvés près de propriétés agricoles, dans des circonstances qui n’ont pas été éclaircies «. Pax Christi relève enfin que la Déclaration Internationale des Droits de l’Homme et les différents Traités qui s’y rapportent ont tous été ratifiés par l’Etat d’Israël, avec les Conventions sur les droits civils et politiques. (apic/fides/cecc/be)



