Fribourg :Journée des droits de l’homme du 10 décembre: les Eglises suisses s’engagent
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Les parlementaires jordaniens interpellés sur les crimes d’honneur
Fribourg, 16 novembre 2001 (APIC) A l’occasion de la Journée des «droits humains» organisée le 10 décembre, les Eglises suisses s’engagent pour lutter contre les crimes d’honneur qui font de nombreuses victimes parmi les femmes au Proche-Orient, notamment en Jordanie. Pour faire cesser ces pratiques, les mouvements liés à cette journée enverront une pétition aux parlementaires jordaniens.
Pour la Journée des droits de l’homme du 10 décembre organisée par la Commission droits humains, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT Suisse), Amnesty International – section suisse (AI), Pax Christi Suisse (PX) et l’association «Surgir», les Eglises de Suisse s’engagent à lutter contre la pratique du meurtre des femmes et des filles pour des questions d’honneur. Les associations enverront une pétition dans ce sens aux députés jordaniens, affirment les organisations dans un communiqué.
Dans beaucoup de sociétés patriarcales, la femme continue d’incarner l’honneur de la famille, soulignent les associations organisatrices de la Journée des droits de l’homme. Il incombe aux hommes de veiller à ce que les jeunes filles restent vierges et les femmes mariées chastes. Ainsi, la tradition implique souvent une séparation stricte des sexes et la soumission plus ou moins totale aux hommes. Une femme qui ne respecte pas les limites qu’on lui impose, par exemple en ayant une relation sexuelle hors mariage ou en refusant d’épouser l’homme choisi par ses proches, déshonore la famille toute entière.
Meurtres d’honneur en Jordanie
Selon les statistiques de la Banque mondiale, 20% des femmes dans le monde sont victimes de violence sexuelle ou de brutalités psychiques ou physiques. Dans certaines régions du monde, il subsiste encore aujourd’hui la pratique du meurtre des filles et des femmes pour des questions d’honneur. Cette pratique est particulièrement répandue en Jordanie, affirment le communiqué.
En 2000, vingt et un cas de meurtres y ont été officiellement recensés. Une campagne nationale réalisée en 1999 a permis de recueillir 15’000 signatures de citoyens jordaniens favorables à l’abolition des lois permettant l’impunité des meurtriers. L’une de ces lois, l’article 340 du code pénal jordanien, dispense ou réduit la peine de tout homme qui tue son épouse ou l’une de ses parentes pour des raisons d’adultère si la victime a été prise en flagrant délit. Cet article est complété par l’article 98 du code pénal qui prévoit une réduction de peine lorsque le crime a été commis par la victime. Selon la Cour de Cassation jordanienne, «un acte dangereux ou illégal» est interprété comme tout ce qui est contraire àà l’honneur familial et au code moral jordanien.
Malgré cette campagne, un projet de loi proposant l’abolition de l’article 340 a été rejeté en novembre 1999 par les députés de la Chambre basse du Parlement jordanien. La question fut débattue une deuxième fois et il a été conclu que l’article constituait une violation de la Constitution et de la Charia (code de lois islamiques) qui prévoient l’égalité de tous les citoyens devant la loi. Bien que la Chambre haute ait voté en faveur de son abolition, la Chambre basse a encore rejeté la proposition en janvier 2000.
Cet article constitue une violation des normes internationales puisque la Jordanie a ratifié la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, soulignent les organisateurs de la Journée des «droits humains». (apic/com/at)



