Kenya: Une vingtaine de morts dans des violences provoquées par une secte

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Plus de 2’000 nouvelle religions en Afrique sub-saharienne

Nairobi, 10 mars 2002 (APIC) Plus de vingt personnes ont été tuées cette semaine dans des affrontements provoquées par une secte religieuse interdite au Kenya. Les sectes sont de véritables tours de Babel en Afrique noire. Leur montée fulgurante inquiète la population. Selon les informations fournies par la presse, l’Afrique au sud du Sahara compte plus de 2’000 nouvelles religions.

Les affrontements dans la nuit du 3 au 4 mars 2002 dans un bidonville de Nairobi illustrent le danger qui découle de la multiplication des nouvelles religions. Les heurts ont opposés les fidèles de la secte de la mungiki à des membres de l’ethnie de luo.

Geoffrey Mwathe, chef de la police locale a déclaré à l’AFP que 28 autres personnes blessées ont aussi été hospitalisées à la suite des ces heurts. Ce sont les membres de la secte qui ont provoqué les affrontements en lançant une opération punitive contre la population de Kariobangi, situé au nord-est de la capitale. Ils cherchaient à venger la mort de trois de leurs membres. Leur secte est jugée illégale par les autorités kenyanes.

Cohabitation difficile entre religions traditionnelles et sectes

Ces violences sont un signe de cohabitation difficile entre les religions traditionnelles et les nouvelles sectes religieuses, de plus en plus nombreuses en Afrique noire. Au Togo, par exemple, on en a dénombre 400 dans la capitale Lomé. Pour attirer le plus grand nombre d’adeptes, les responsables de ces nouvelles religions promettent réussites sociales et financières, ainsi que le salut éternel aux fidèles. Leur développement fulgurant inquiète les autorités locales. «Allez, multipliez-vous!», «Ministère de la foi agissante», ou encore «Force d’intervention rapide de Dieu», sont quelques unes de ces églises et sectes au Togo. Le phénomène s’est développé à cause du marasme socio-économique, consécutif à la crise politique que traverse le Togo depuis le début des années 90.

Plusieurs observateurs sur place à Lomé ont estimé que la multiplication des églises et sectes au Togo est devenue une «affaire commerciale qui marche bien». Leurs animateurs font des promesses mirobolantes aux fidèles souvent démunies. Aux chômeurs en détresse, ils proposent un emploi, et aux travailleurs en quête d’une promotion professionnelle, une réussite dans leur carrière.

Au Sénégal, où l’islam et le catholicisme sont les deux plus grandes familles religieuses, les nouvelles religions prolifèrent aussi. Bien organisées, elles prennent d’assaut les dômes des mosquées, les clochers des églises et les cryptes des temples et cathédrales. (apic/ibc/bb)

10 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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