Etats-Unis: Les latinos dans les rues pour faire la démonstration de leur poids
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1er mai: la communauté hispanique appelle au boycott du travail
Los Angeles, 1er mai 2006 (Apic) Ils sont près de 40 millions sur une population de près de 291 millions d’habitants: les hispaniques qui vivent aux Etats-Unis entendent donner de la voix en ce 1er mai. Pour clamer leur existence, eux qui n’occupent, pour la plupart, que des postes de travail subalternes et mal rétribués. Hormis les exceptions. peu nombreuses, finalement, dans ce pays où beaucoup pensaient trouver un Eldorado.
Mot d’ordre pour ces millions de latinos, venus du Mexique, de Colombie, d’Equateur ou du Pérou, entre autres, souvent au péril de leur vie: «Faire sentir leur absence sur les lieux de travail». Mais aussi dans les magasins. Histoire de dire qu’ils sont aussi des consommateurs. Une force économique.
Leur action s’inscrit alors même qu’une vaste réforme sur l’immigration est demandée pour légaliser quelque douze millions de sans-papiers. La bataille est lancée au congrès.
Lundi 1er mai, des manifs sont ainsi organisées dans plus de 130 villes importantes des Etats-Unis, y compris avec le boycott des lieux de travail, de l’école et des supermarchés du pays. Des centaines de milliers de personnes sont attendues dans les rues. Cela alors même que le 1er mai, fête du travail chômée dans la plupart des pays latino-américains, n’est pas férié aux Etats-Unis.
Avec cette absence, les hispaniques entendent faire valoir face au peuple américain l’importance des immigrés dans l’activité économique du pays: «Notre message est sans équivoque, personne ne va au travail, personne ne va à l’école, tout le monde dans la rue», soulignait vendredi Nativo Lopez, président de la très influente organisation «Mexicana/MAPA».
Los Angles devrait une nouvelle fois être l’un des phares de cette mobilisation latine. Plus de 500’000 personnes devraient défiler dans les rues. Dans les écoles publiques, tous les moyens sont bons pour empêcher une «fuite» des élèves comme le mois dernier. Un lycée a même couvert ses grilles de graisse pour que les élèves faisant le mur tachent leurs vêtements. Histoire de les repérer et de les punir.
A noter que la coalition «We are America» (Nous sommes l’Amérique) qui inclut l’Eglise catholique, n’a lancé qu’un appel timide à des défilés, sans boycottage des écoles ou du travail. (apic/ag/lat/pr)



