Rome: Entretien avec le cardinal Ivan Dias, archevêque de Bombay

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Globalisation, technologie: comment affronter les difficultés?

Rome, 3 octobre 2001 (APIC) La globalisation et la technologie créent de nouveaux problèmes: le Synode des évêques sera l’occasion de discuter et de chercher à comprendre comment affronter les nouvelles difficultés, pour une plus grande efficacité de la proclamation de l’Evangile.

Le cardinal Ivan Dias, archevêque de Bombay, livre ses commentaires dans une interview accordée à l’Agence vaticane Fides. Le cardinal Dias participe à la Xème Assemblée ordinaire du Synode des Evêques, qui se tient du 1er au 27 octobre à Rome. Mgr Dias, qui est âgé de 65 ans, a été créé cardinal lors du Consistoire du 21 février 2001; il est l’un des trois présidents délégués nommés par le pape pour cette Assemblée.

Q: Quelle contribution l’Eglise d’Asie peut-elle apporter à cette Xème Assemblée?

Cardinal Dias: Parmi les Eglises d’Asie, la Conférence épiscopale de l’Inde est la quatrième du monde par son importance numérique. Nous avons trois rites sui juris (latin, syro-malabar, et syro-malankar); il y a ainsi une grande variété. Nous avons la tâche de montrer comment les évêques, responsables de la direction des Eglises locales, peuvent vivre en harmonie, et manifester la joie d’être unis, dans la diversité. Le Synode dans lequel nous allons travailler, nous donnera l’occasion d’approfondir les tâches des évêques dans la société. Le monde change rapidement, la globalisation et la technologie créent de nouveaux problèmes: le Synode des évêques sera l’occasion de discuter et de chercher à comprendre comment on peut affronter les nouvelles difficultés, pour une plus grande efficacité de la proclamation de l’Evangile, ce qui est notre but ultime.

Q.: Quelle contribution a apporté le Synode pour l’Asie?

Cardinal Dias: Le Synode pour l’Asie, tenu en 1998, a été très utile. Il a rassemblé, pour une mise en commun, les évêques de tous les pays asiatiques, tellement différents aux plans ethnique et culturel, avec la présence des différentes religions. Il nous a permis de prendre conscience de l’élément qui était commun à tous: proclamer Jésus-Christ comme Sauveur unique du monde.

Q.: De quelle manière la petite Eglise de l’Inde, qui, ces dernières années, a subi des persécutions, répond-elle à l’effort d’évangélisation demandé par le Pape après le Jubilé ?

Cardinal Dias: Nous approfondissons actuellement la dimension missionnaire. Le Jubilé nous a ouvert les yeux sur l’exigence de prêcher Jésus-Christ crucifié. Dans cette optique, les persécutions ont une valeur. Dans aucun pays, la foi n’a commencé sans les persécutions. L’Eglise de l’Inde est en train de chercher à intégrer les valeurs de l’Evangile dans la culture bimillénaire du pays, qui est riche de ce que l’on appelle «les semences du Verbe». Notre tâche de pasteurs est d’amener ces semences à la pleine maturation. Dans mon archidiocèse de Bombay, le plus grand de l’Inde, nous avons eu au mois de janvier 2001 le Synode diocésain, avec la participation active des laïcs. D’autres diocèses de l’Inde préparent eux aussi leur Synode.

Q.: Quels sont les problèmes les plus importants que vos rencontrez comme évêque dans votre ministère quotidien ?

Cardinal Dias: La société indienne vit trois grands problèmes qui se reflètent dans la vie de l’Eglise: la corruption, le problème des ethnico-religieux, la division en castes. Ces difficultés peuvent entrer dans l’Eglise de manière sournoise. Nos cherchons à recueillir tout ce qu’il y a de bon dans chaque culture, et d’y introduire la lumière de l’Evangile. Il faut être attentifs pour éviter des influences négatives, mais aussi pour retrouver les valeurs positives qui peuvent aider à communiquer la Bonne Nouvelle.

Q.: Les événements tragiques aux Etats-Unis remettent en première ligne la question du dialogue avec l’islam, qui caractérise le continent asiatique. Quelles perspectives voyez-vous ?

Cardinal Dias: On parle actuellement d’affrontement entre la civilisation chrétienne et la civilisation musulmane, mais il ne faut pas oublier que le problème est la lutte contre le terrorisme. Si l’on identifie le terrorisme avec l’islam, on court le risque de glisser dans un conflit religieux, alors que le terrorisme est antisocial. On doit conjurer cette déviation, pour éviter d’immenses massacres inter-religieux. En Inde, sur plus d’un milliard de personnes, 80% de la population sont hindous, 12% musulmans, 2,8% chrétiens. Entre chrétiens et musulmans, il y a une bonne coexistence, et, dans le passé, les chrétiens ont servi de pont entre hindous et musulmans. Nous continuerons dans cette voie: le dialogue est une mission. (apic/fs/pr)

3 octobre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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