Rome: Le pape soutient le droit des Etats de réglementer les flux migratoires

Les immigrés ont le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil

Rome, 26 octobre 2010 (Apic) Benoît XVI a soutenu le droit des Etats de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières. Il a cependant insisté sur le respect de la dignité de tous, dans son Message pour la 97e Journée mondiale du migrant et du réfugié. Célébrée le 16 janvier 2011, cette journée porte sur le thème: «Une seule famille humaine». Dans ce message publié le 26 octobre 2010 en 7 langues, le pape invite aussi les migrants à respecter les lois et l’identité nationale des pays d’accueil.

S’inspirant du pape Jean Paul II, Benoît XVI commence par rappeler que l’Eglise reconnaît le droit à émigrer à tout homme, au-delà de «tout égoïsme nationaliste», «sous son double aspect: possibilité de sortir de son pays et possibilité d’entrer dans un autre pays à la recherche de meilleures conditions de vie».

Dans le même temps, nuance aussitôt le pape, les Etats ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières, en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine. En outre, selon Benoît XVI, les immigrés ont le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, «en respectant ses lois et l’identité nationale».

Le pape face à la question des Roms

La rédaction de ce message daté du 27 septembre 2010 a eu lieu dans un contexte particulier, vu de France, quelques semaines après la prière de l’angélus du 22 août au cours duquel le pape avait appelé les fidèles à «accueillir les légitimes diversités humaines», des propos prononcés en français et qui avaient alors été interprétés comme une critique implicite de l’expulsion de Roms par la France.

Une visite du président de la République française Nicolas Sarkozy avait alors été rapidement organisée pour le 8 octobre dernier après les remous créés au sein de la classe politique française et chez les catholiques de l’Hexagone par les déclarations du pape, bien que le Saint-Siège comme l’Elysée se soient défendus par la suite de l’existence d’un lien quelconque entre ces deux évènements.

Contre-pied par rapport aux critiques de Mgr Agostino Marchetto

Il n’en reste pas moins que le contenu de ce message pourra être interprété comme un soutien envers les gouvernements cherchant à défendre leurs frontières et leur identité nationale, France en tête. Ce texte pontifical prend ainsi le contre-pied par rapport aux critiques explicites et répétées de l’ancien secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, Mgr Agostino Marchetto, envers la politique migratoire française.

Dans un registre plus économique, le Souverain pontife évoque aussi dans son message le phénomène migratoire à l’ère de la mondialisation. Tous les hommes, précise-t-il, tant les migrants que les populations locales qui les accueillent, ont «le même droit de bénéficier des biens de la terre, dont la destination est universelle, comme l’enseigne la doctrine sociale de l’Eglise».

Sollicitude pour les étudiants partant à l’étranger

Enfin, Benoît XVI consacre une partie de son texte au sort des étudiants partant à l’étranger, une réalité en croissance au sein du grand phénomène migratoire. Et d’appeler au soutien de ceux qui constituent des «ponts culturels» et économiques entre les pays et qui sont confrontés à des problèmes concrets, comme les difficultés financières ou la crainte de se sentir seul pour affronter un milieu social et universitaire très différent, ainsi que les difficultés d’insertion.

«C’est à l’école et à l’Université que se forme la culture des nouvelles générations, précise Benoît XVI, car leur capacité à considérer l’humanité comme une famille appelée à être unie dans la diversité dépend dans une large mesure de ces institutions». (apic/imedia/cp/be)

26 octobre 2010 | 12:57
par webmaster@kath.ch
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