«Les jeunes apportent à l'Eglise la nouveauté de leur regard»
Fribourg: Mgr Alain de Raemy partage ses premières impressions sur son ministère d’évêque des jeunes
Fribourg, 17 avril 2014 (Apic) Après sept ans passés auprès des jeunes recrues de la Ville éternelle, l’ancien aumônier de la Garde suisse pontificale s’acquitte avec naturel de sa charge d’évêque des jeunes pour la Suisse romande. A l’heure des premières impressions, Mgr Alain de Raemy livre à l’Apic son point de vue sur cette mission particulière que lui a confiée la conférence des évêques suisses (CES).
Apic: Vous avez été nommé «évêque des jeunes». En quoi consiste cette mission?
Alain de Raemy: L’évêque est un veilleur. Le sens exact du mot évêque étant «surveillant»…, rassurez-vous, je ne me sens pas du tout dans une cour d’école! Etre évêque des jeunes c’est donc veiller positivement sur la jeunesse pour que tout soit vécu dans la foi. Mais il s’agit avant tout d’accompagner et d’encourager, passer autant de temps que possible auprès de la jeunesse et soutenir tous ceux qui oeuvrent auprès d’eux.
Apic: Selon vous, qu’est-ce que les jeunes apportent à l’Eglise?
A. d. R.: La nouveauté de leur regard. Et cela nous interpelle! Certains jeunes découvrent et expérimentent pour la première fois la richesse de l’Evangile. Leur perspective est toute fraîche et elle nous oblige à renouveler nos propres points de vue sur des réalités que nous croyions connaître. Le regard des jeunes sur la foi et sur l’Eglise renouvelle donc le nôtre.
Apic: Inversement, qu’est-ce que l’Eglise, ici en Suisse romande, peut apporter aux jeunes?
A. d. R.: Fort heureusement, je ne peux pas vous répondre: «elle propose ceci». L’offre est extrêmement variée car celles et ceux qui oeuvrent auprès des jeunes sont nombreux. On peut penser aux Focolari, au mouvement Communion et Libération, à l’Opus Dei, aux Scouts d’Europe, au Réseau N’app, au Madep, à l’Action catholique, à telle paroisse, à tel groupe de confirmands/confirmés ou de servants de messe, à Prier-Témoigner, aux JMJ locales, à Jubilatio, aux prières de Taizé, à Adorai en Singine, sans oublier les pastorales cantonales de la jeunesse et tout ce qui se fait spontanément. Le dénominateur commun reste le désir de transmettre l’Evangile. Or il y a des accents, des manières de faire spécifiques et c’est heureux. Je pense qu’au fond chaque jeune devrait pouvoir avoir accès à la foi dans cette multiplicité d’approches différentes. Il pourrait ainsi trouver sa place sans réduire l’Eglise à tel groupe ou à tel mouvement. Je pense que c’est la mission propre de nos instances officielles en pastorale jeunesse que de permettre aux jeunes de découvrir cette large panoplie d’offres ecclésiales. En ce sens, je trouve que la collaboration que provoquent les JMJ (Journées Mondiales de la jeunesse) est exemplaire: elle rassemble différents jeunes, différents acteurs, autour d’un même événement d’Eglise.
Apic: Quel message adresseriez-vous aux jeunes au début de ce ministère qui vous envoie auprès d’eux?
A. d. R.: Ne croyez pas trop vite tout savoir au sujet du Christ et de l’Eglise. Soyez curieux! Et écoutez les anciens!
(apic/pp)



