Les «jeunes» Eglises d’Afrique au secours de la mission des Eglises d’Europe
Côte d’Ivoire: Des évêques africains et européens réfléchissent ensemble à la mission
Abidjan, 11 novembre 2010 (Apic) Le Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SECAM) et le Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE) sont réunis à Abidjan, du 10 au 14 novembre, pour réfléchir à la question d’une «Nouvelle situation de la mission Ad Gentes. Echanges de prêtres et d’agents pastoraux et formation. Vocations». Nous rapportons les paroles des cardinaux Josip Bozanić (archevêque de Zagreb et vice-président du CCEE), Ivan Dias (préfet de la Congrégation des Peuples) et Théodore Adrien Sarr (archevêque de Dakar et 1er vice-président du SCEAM), prononcées le 11 novembre.
Le séminaire «Nouvelle situation de la mission Ad Gentes. Echanges de prêtres et d’agents pastoraux et formation. Vocations» – le troisième après le Symposium de Rome (2004), les colloques au Ghana (2007) et à Liverpool (2008) – s’inscrit dans le cadre du projet quinquennal CCEE-SECAM (2007-2011) lancé à Rome, en novembre 2004, indique le communiqué du Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE). Des représentants des conférences épiscopales d’Afrique et d’Europe, des Dicastères du Vatican et des organismes de solidarité ont répondu à l’invitation de Mgr Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan.
Tous responsables de la mission de l’Eglise
Dans son message d’introduction, le cardinal Josip Bozanić, archevêque de Zagreb et vice-président du CCEE, rappelle que «la mission de l’Église nécessite toujours la participation des personnes. Dieu s’est fait chair, et après Sa résurrection, il a envoyé ses disciples, c’est-à-dire ces personnes concrètes, dans le monde entier. Trouver le Christ, c’est trouver une personne ou une communauté qui l’aime et qui (…) lui rend témoignage. (…) (Nous) sommes tous des disciples que le Seigneur envoie (…). Chacun a sa vocation, mais nous sommes tous responsables de la mission de l’Église».
Il soulève également le problème de la crise des vocations. «Là où il n’existe pas une communauté vivante, il est très difficile que surgissent des vocations de consécration spéciale. C’est pourquoi nous venons frapper à la porte des diocèses les plus vivants d’Afrique pour demander leur aide». Et de conclure: «C’est toujours en offrant que nous pourrons grandir».
Dieu est la seule véritable solution à nos crises actuelles
Pour le cardinal Ivan Dias, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, «le mandat missionnaire : «Allez dans le monde entier. Proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création» (Mc 16, 15), ne peut être pleinement accompli que dans la communion des Eglises». L’initiative de ces rencontres a justement pour but d’attiser «le souci de toutes les Eglises» ( 2 Co 11, 28), insiste le prélat. Quant à l’urgence de la mission évangélisatrice, elle se fonde en «Dieu source de tout bonheur et de tout accomplissement humain, (qui) est la seule véritable solution de toutes nos crises actuelles».
Il pointe du doigt «la situation de nombreux prêtres africains en ministère ou simplement résidents en Europe, sans l’accord de leur évêque», qui préoccupe grandement la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples.
Enfin, prenant appui sur Benoît XVI, il insiste sur la place centrale du Christ: ” L’Eglise ne peut donc se soustraire à l’activité missionnaire envers les peuples. Ainsi la tâche prioritaire de la missio ad gentes est d’annoncer que c’est dans le Christ, «le Chemin, la Vérité et la Vie» (Jn 14,6), que les hommes trouvent le salut» (*). A la suite de Paul VI, il souligne «la nécessité de réaffirmer clairement la finalité spécifiquement religieuse de l’évangélisation. Cette dernière perdrait sa raison d’être si elle s’écartait de l’axe religieux qui la dirige : le Règne de Dieu avant toute autre chose, dans son sens pleinement théologique» (**).
Une Eglise par nature missionnaire
Le cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar et 1er vice-président du SCEAM, rappelle l’origine missionnaire de l’Eglise: «Par sa nature, l’Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint Esprit, selon le dessein de Dieu le Père» (***). Avec force, il confesse que «l’Eglise a été, est et sera missionnaire, toujours et partout». Il insiste sur l’engagement urgent et nécessaire «des jeunes Eglises, comme celles d’Afrique, dans la mission ad Gentes et ad Extra, devant la situation des anciennes Eglises comme celles d’Europe».
A la problématique des Vocations, il répond que «Dieu appelle toujours et envoie des ouvriers à sa Vigne : Mais comment l’invoquer sans d’abord croire en lui ? Et comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre sans quelqu’un qui proclame ? Et comment proclamer sans être d’abord envoyé ?» Il invite les personnes présentes au séminaire à «explorer les voies et moyens d’une Pastorale des Vocations féconde dans les situations difficiles actuelles».
(*) Benoît XVI, «Caritas in Veritate» n° 7.
(**) Paul VI, «Evangelii Nutiandi n° 31.
(***) Concile Vatican II, décret sur l’Activité missionnaire «Ad Gentes», n° 2. (apic/com/ggc)



