L'abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X depuis 2018 | © FSSPX
Vatican

Les lefebvristes reçus à la Doctrine de la foi pour un «dialogue informel»

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a annoncé le 5 février 2026 qu’elle sera reçue au dicastère pour Doctrine de la foi, au Vatican, le 12 février. Par cette rencontre avec l’organisation traditionaliste qui a récemment annoncé son intention de consacrer de nouveaux évêques sans l’accord du pape, Rome souhaite «identifier des moyens d’échanges efficaces», a déclaré le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

Il s’agit pour le Vatican d’éviter une rupture radicale: l’excommunication des évêques consacrés et célébrants et la situation schismatique des fidèles lefebvristes.

Après que la FSSPX a fait part publiquement lundi de son intention de «procéder à de nouvelles consécrations épiscopales», le 1er juillet prochain, le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF), le cardinal Victor Manuel Fernández, «a écrit au supérieur général afin de lui proposer un entretien à Rome», a indiqué l’organisme le 5 février. Le Père Davide Pagliarani «a accepté cette proposition», peut-on lire dans la brève note. 

Le 4 février, Matteo Bruni avait évoqué cette rencontre en préparation comme «l’occasion d’un dialogue informel et personnel, qui aidera à identifier des moyens efficaces d’échanges pouvant aboutir à des résultats positifs». La veille déjà, le porte-parole avait assuré que «les contacts entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège se poursuivent», exprimant la volonté du Vatican «d’éviter les ruptures ou solutions unilatérales face aux problématiques apparues».

Menaces d’excommunication

Fondée en 1970 par l’évêque français Mgr Marcel Lefebvre, en rupture avec le Concile Vatican II, la FSSPX occupe une position particulière et controversée dans l’Église catholique. En 1988, Mgr Lefebvre avait procédé à l’ordination de quatre évêques sans l’accord de Rome, entraînant immédiatement leur excommunication par Jean Paul II. Cette dernière a cependant été levée par Benoît XVI en 2009, en signe de réconciliation, sans que le Saint-Siège ne reconnaisse que la pleine communion soit encore rétablie.

Si de nouveaux évêques étaient consacrés sans mandat pontifical, s’appliquerait automatiquement le canon 1387 du code de droit canonique qui prévoit l’excommunication latae sententiae – par le fait même. Une telle rupture avec le successeur de Pierre induirait un état de ‘schisme’ pour les fidèles. 

Des positions doctrinales problématiques

Pour un canoniste romain interrogé par l’agence I.MEDIA, le désaccord entre Rome et la FSSPX n’est pas tant d’ordre «disciplinaire» – à savoir le geste de dissidence qui consisterait à consacrer des évêques sans l’accord du pape – que «doctrinal». En effet, les lefebvristes se posent en contestataires du Concile Vatican II, ce grand événement ecclésial de 1962-1965 que le pape Léon XIV a justement choisi comme thème de ses catéchèses hebdomadaires en cette nouvelle année.

«La FSSPX n’est pas d’accord avec les éléments profonds du Concile», souligne l’expert. Il cite leur opposition ouverte à la liberté religieuse, à l’existence d’un collège des évêques ou encore au dialogue de l’Église avec les autres chrétiens et religions. Des positions qui pourraient être considérées, du point de vue de la foi catholique, comme des «hérésies». Le pape Benoît XVI avait d’ailleurs intégré la commission vaticane Ecclesia Dei – chargée du dialogue avec les lefebvristes et supprimée en 2019 –, au sein du DDF, qui traite des questions doctrinales.  (cath.ch/imedia/ak/rz)

L'abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X depuis 2018 | © FSSPX
5 février 2026 | 13:42
par I.MEDIA
Temps de lecture : env. 2  min.
DDF (19), excommunication (31), FSSPX (96), Lefebvristes (8)
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