Etats-Unis: Implications d’une décision au sujet du clergé homosexuel
Les luthériens américains analysent la situation
New York, 24 août 2009 (Apic) Les partisans et les opposants de la décision prise par l’Eglise évangélique luthérienne d’Amérique (ELCA) de permettre l’accès à l’ordination pour les hommes et les femmes ouvertement homosexuels et qui sont engagés dans une relation monogame analysent les conséquences de cette décision pour l’avenir de l’Eglise.
«Il faut du temps pour qu’une communauté religieuse vienne à bout des questions morales», a déclaré James Martin-Schramm, professeur d’éthique chrétienne au Luther College de Decorah, dans l’Iowa, lors d’une interview avec le correspondant de l’Agence de presse œcuménique Eni sur les mesures prises pendant l’Assemblée générale de l’ELCA, qui s’est tenue du 17 au 23 août 2009.
James Martin-Schramm, partisan des changements, pense que l’ELCA est en mesure d’éviter les profondes divisions interdénominationnelles qui ont marqué les récentes expériences de l’Eglise épiscopale (anglicane) des Etats-Unis. Il a souligné que la question fait l’objet d’études et de débats au sein de l’Eglise depuis huit ans.
Une décision qui divise profondément
A 559 voix contre 451, le principal organe décisionnel de l’Eglise, qui compte 4,6 millions de membres, a voté le 21 août 2009 en faveur d’une modification des règles de l’Eglise. Ces modifications ouvrent «le ministère de l’Eglise aux pasteurs, pasteures et autres collaborateurs et collaboratrices d’Eglise homosexuels engagés dans une relation monogame», a indiqué le service de presse de l’Eglise, l’ELCA News Service.
L’Eglise autorisait déjà les gays et lesbiennes à accéder au pastorat et à d’autres postes à responsabilité, mais seulement s’ils s’engageaient au célibat. Les défenseurs des droits des homosexuels ont salué la décision, bien qu’elle intervienne tardivement.
«L’ELCA a toujours eu des ministres homosexuels», a déclaré, selon l’ELCA News Service, Emily Eastwood, directrice de Lutherans Concerned/North America, une organisation luthérienne de défense des droits des homosexuels aux Etats-Unis. «Désormais, ceux-là et tous les autres ministres sont libres de revendiquer ce qu’ils sont et de bénéficier de l’amour et du soutien d’un ou d’une partenaire de vie.»
Les opposants à la mesure ont affirmé que les modifications des règles étaient contraires à la Bible, sans toutefois déclarer vouloir quitter l’Eglise. «Ces décisions ont causé du tort aux relations de l’ELCA avec nos Eglises partenaires au sein de la Fédération luthérienne mondiale (FLM)», a déclaré le pasteur Mark Chavez, directeur de Lutheran CORE, un groupe de laïcs et de pasteurs s’opposant aux changements. «La Communion anglicane est en train de se scinder à cause des mesures de l’Eglise épiscopale. L’ELCA ne semble pas se soucier d’un effet similaire sur la FLM.»
Pour le pasteur Paull Spring, président du groupe, l’ELCA s’est «éloignée de l’enseignement de la Bible tel qu’il est compris par les chrétiens depuis 2000 ans.»
Lors d’une conférence de presse organisée après le vote, le pasteur Mark Hanson, évêque président de l’ELCA, a voulu tendre la main aux personnes s’étant opposées à la modification, en déclarant : «Je suis toujours inquiet quand j’entends des paroisses ou des membres du clergé se demander si, à la lumière de ces décisions, ils peuvent continuer à faire partie de l’Eglise évangélique luthérienne d’Amérique.»
Il a ajouté : «Parmi mes inquiétudes se trouve une préoccupation encore plus grande pour celles et ceux qui sont parvenus à ce stade ce soir. Voulez-vous poursuivre votre engagement dans le dialogue pour définir comment vous pouvez, en toute intégrité, rester dans cet organisme afin que nous puissions respecter ce que votre conscience vous dicte ?» (apic/eni/js)




