Les mages: véritables témoins du mystère de Noël

Vatican: «Mon royaume pour un Enfant», déclare le roi Balthazar place Saint-Pierre

Rome, 24 décembre 2010 (Apic) A quelques heures de la nuit de Noël, au Vatican, I.MEDIA a rencontré un homme caché derrière d’épaisses tentures et qui attend une heure, celle d’un tout petit enfant. Voici le récit de cette rencontre inattendue.

Le rendez-vous était fixé place Saint-Pierre, au pied de l’obélisque. Difficile de le manquer. Pourtant, en ce matin du 24 décembre, Balthazar est encore à l’abri du regard des foules qui se rendent en pèlerinage jusqu’à l’imposante basilique, sous une pluie fine. Une fois franchie la toile beige qui, tel un rideau de théâtre, cache encore l’émouvante scène, il est enfin possible d’engager un brin de causette avec ce grand noir aux traits fins.

Des «rois» astronomes

L’homme a l’allure d’un roi. Il ne lui manque qu’une couronne. «La légende a fait de nous des rois, mais nous ne sommes que des astronomes», précise immédiatement le grand gaillard, avec dans la voix une pointe d’accent oriental. Les pieds dans la paille, il refuse obstinément de dire son âge, mais ses yeux en disent long. Il a vu du paysage. Il raconte alors avec passion son épopée fantastique. «Melchior, Gaspard et moi guettions depuis des années un signe du ciel en attendant fébrilement l’annonce de la naissance du Messie. Un soir où j’étais sur la montagne, je l’ai vu». Il est fier, Balthazar. C’est lui, en effet, qui a vu l’étoile. Au beau milieu du ciel, elle ressemblait à une jeune fille portant sur son sein un enfant couronné.

Les épaules recouvertes d’un long manteau coloré, Balthazar raconte encore, comme un enfant: «Je me suis empressé de prévenir les autres». Les trois sages ont alors pris de précieux présents et sont montés en toute hâte sur leurs chameaux, à la suite de l’astre extraordinaire. Jusqu’à Bethléem, petite ville de Judée où naquit le roi David.

Balthazar tient dans les mains des blocs d’une résine couleur ambre. Un parfum chatouille les narines. «C’est de la myrrhe», lance-t-il avec fierté, «c’est mon cadeau». Melchior s’est quant à lui chargé de l’or, symbole royal, et Gaspard a pris une cassolette de graines d’encens, parfum spirituel et divin. La myrrhe? «Cette résine aromatique servait à embaumer les morts, explique le savant à la peau d’ébène. Nous voulions ainsi signifier que le Fils de Dieu était aussi un être mortel».

Balthasar: celui qui protège la vie du roi

Droit comme un I aux côtés de Marie, Balthazar veille avec un regard attendri sur l’enfant endormi. Il explique qu’avec l’aide d’un ange, ses compagnons et lui ont compris qu’il ne fallait pas retourner voir Hérode. Ce souverain-là voulait la mort de l’Enfant-Roi. Le nom de Balthazar, déformation de ’Balat-Shur-Usur’, prend alors toute sa signification: Ball protège la vie du roi. Mais plus de deux millénaires après s’être agenouillé devant le divin enfant de Bethléem, l’homme aux dents couleur ivoire est saisi d’amertume. Balthazar cache mal sa déception d’avoir été détrôné par un gros bonhomme à barbe blanche venu d’outre-atlantique, mal fagoté dans ses habits rouges.

Les témoins du mystère de Noël

Malgré l’heure qui avance, la discussion continue encore longtemps. Soudain, dans cet abri de fortune, Balthazar cesse la conversation et se pétrifie, tel une grande statue de plâtre, pour l’éternité. Aux pieds du gigantesque sapin qui se dresse devant la basilique vaticane, il attend avec les autres personnages que la crèche monumentale soit ouverte au regard émerveillé du public, des enfants surtout, à quelques heures de la messe de Minuit. Ce 24 décembre au soir, les télévisions du monde entier pointeront sur la scène de la Nativité et, de temps en temps, une caméra viendra capturer son visage réjoui.

Balthazar, avec ses amis, ne doute pas que, cette année encore, au soir du 31 décembre, Benoît XVI viendra s’agenouiller à ses côtés, devant le berceau. Ce pape qui, un jour, a dit d’eux qu’ils avaient «supporté fatigues et privations, sans céder au découragement, ni à la tentation de retourner sur leurs pas». Le Père Noël peut toujours courir, pense Balthazar, les véritables témoins du mystère de Noël, ce sont eux! (apic/i.media/ami/ggc)

24 décembre 2010 | 12:12
par webmaster@kath.ch
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