Birmanie: Une ONG demande à l’ONU de dénoncer le scrutin birman

Les manœuvres de la junte militaires sous l’œil critique d’une organisation chrétienne

Rangoon, 18 mars 2010 (Apic) Une organisation de défense des droits chrétiens a appelé les Nations Unies à dénoncer la manœuvre de la junte militaire au pouvoir en Birmanie qui vise à exclure de son propre parti la chef de file de l’opposition pro-démocratique Aung San Suu Kyi.

Cette année doit se tenir le premier scrutin organisé dans le pays depuis celui de 1990, qui avait été remporté par l’opposante, sans que celle-ci ait toutefois pu exercer le pouvoir.

La junte militaire birmane, qui désigne le pays sous le nom de Myanmar, n’a pas encore fixé de date pour l’élection mais il se pourrait qu’elle se tienne en octobre, avant la libération d’Aung San Suu Kyi de sa détention surveillée. Elle a du 5reste été exclue de son Parti, sans doute sous la pression de la junte militaire.

Une récente loi prive de droit de vote une importante partie de la population et interdit à toute personne ayant été déclarée coupable d’infraction – ce qui s’applique à Aung San Suu Kyi – de se présenter en tant que candidat à une élection ou d’être membre d’un parti politique.

Christian Solidarity Worldwide (CSW) a, avec l’aide de BurmaInfo (Japon), envoyé une mission d’information à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande et publié un rapport début mars dans lequel l’équipe fait état d’un «recours systématique et généralisé au travail forcé, à la torture et aux exécutions», qui équivaut à «des crimes de guerres et crimes contre l’humanité» perpétrés par le Conseil d’Etat pour la paix et le développement, qui est au pouvoir en Birmanie.

L’équipe s’est rendue dans des camps où plus de 5000 membres de l’ethnie des Karens, qui sont essentiellement chrétiens, vivent en Birmanie dans des conditions précaires. Les réfugiés, parmi lesquels se trouvent des personnes ayant perdu leurs jambes à cause des mines antipersonnel, ont expliqué que les autorités thaïlandaises les ont contraints à retourner en Birmanie dans des régions «infestées de mines antipersonnel» et contrôlées par l’armée, qui se rend coupable de travail forcé, de torture, de viols et d’exécutions à leur encontre.

CSW appelle a décréter un embargo universel sur les armes vers la Birmanie et à la création d’une commission d’enquête pour «crimes contre l’humanité et crimes de guerre».

Le rapport a été publié avant la Journée mondiale de prière pour la Birmanie du 13 mars, lors de laquelle des milliers de chrétiens du monde entier ont prié pour ce pays d’Asie du Sud-Est, à la tête duquel se succèdent les gouvernements militaires depuis 1962. Les prières ont commencé en 1997 à la demande d’Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, assignée à résidence depuis 2003.

Aung San Suu Kyi a été reconnue coupable de ne pas avoir respecté son assignation à résidence en août 2009 lorsqu’un citoyen américain a nagé à travers un lac jusqu’à la résidence de l’opposante sans y avoir été invité. Environ 4% des quelque 48 millions d’habitants de la Birmanie sont chrétiens, la majorité étant bouddhiste. (apic/eni/pr)

18 mars 2010 | 16:31
par webmaster@kath.ch
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