Les marchands d’armes du riche Occident n’ont pas de leçon à donner aux terroristes
Le cardinal Etsou sans complaisance avec «l’Occident opulent»
Rome, 18 octobre 2001 (APIC) Les marchants d’armes et de mort venant du riche Occident qui débarquent en Afrique n’ont pas de leçons à donner aux terroristes, estime le cardinal Etsou, archevêque de Kinshasa (Congo RDC).
Présent à Rome au synode des évêques, il jette un regard sans complaisance sur les événements qui secouent aujourd’hui le monde. La télévision a déversé son flot d’images sur les attentats de New York et Washington…, mais a oublié que des innocents «paient chaque jour, à travers le sacrifice de leur vie, les mauvais choix de l’Occident opulent». Ainsi au Congo, où des armées étrangères, «utilisant parfois des armes occidentales», ont récemment «commis un génocide, tuant deux millions de personnes».
Le cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi, archevêque de Kinshasa et président de la Conférence épiscopale du Congo, s’exprimait à Rome, où il participe au synode des évêques, lors d’une messe célébrée dans l’église Sainte Marie au Trastévère à l’invitation de la communauté de Sant’Egidio. «Nous ne devons pas nous émouvoir seulement parce que la télévision diffuse des images des tragédies qui ont eu lieu dans les nations les plus puissantes, a-t-il lancé, notre coeur doit également être ouvert à ces réalités de souffrance provoquée partout dans le monde par ceux qui ont développé, au fil des ans, une politique diplomatique basée sur les intérêts économiques, sur le profit, tout en sachant que ce sont les pauvres, les innocents, qui paient chaque jour à travers le sacrifice de leur vie et les mauvais choix de l’Occident opulent».
«La guerre n’est jamais juste»
En partant des dramatiques événements qui ont caractérisent cette période de l’histoire, le cardinal a tenu à souligner que «la guerre n’est jamais juste», et qu’au contraire elle est à l’origine «d’horreurs, de destructions et de morts», et enferme les hommes «dans le tunnel de la haine, de la rancoeur, des ressentiments et de la vengeance».
Le cardinal Etsou a en outre fait par de son angoisse et de sa souffrance face aux images de citoyens sans défense et innocents, d’enfants, de femmes et de personnes âgées qui meurent chaque jour sans raison au Moyen-Orient, en Afghanistan, en Afrique.
Le cardinal de Kinshasa a invité à prier «pour la paix en ex-Zaïre, où les armées rwandaise, ougandaise et burundaise, en utilisant parfois des armes occidentales, ont récemment commis un génocide contre le peuple congolais, tuant deux millions de personnes». Ces troupes, a-t-il rappelé, refusent encore malheureusement de se retirer du territoire souverain du Congo, aggravant la misère et la souffrance du peuple congolais.
Tout ceci, a-t-il ajouté, se passe sous les yeux indifférents de la communauté internationale qui ne se rappelle du Congo que quand il s’agit de piller de l’uranium, de l’or, des diamants ou d’autres matières premières.
Aux yeux du cardinal Etsou, les marchants d’armes et de mort venant du riche Occident qui débarquent en Afrique n’ont pas de leçons à donner aux terroristes. Et de conclure : «Les secours humanitaires, bien que nécessaires, ne suffisent pas si l’homme ne se convertit pas à la vérité et au véritable amour envers les pauvres et les derniers…» (apic/cip/mna/pr)



