Valais: Le Patriarche des Catholiques Coptes, hôte de la fête patronale de Saint-Maurice
Les martyrs d’Egypte en Suisse
Saint-Maurice (VS), 23 septembre 2013 (Apic) La fête patronale de Saint-Maurice a reçu, le 22 septembre 2013, l’illustre visite du Patriarche des Catholiques Coptes, Mgr Ibrahim Isaac Sidrak, qui a présidé la messe pontificale, accueilli par une foule de fidèles remplissant jusqu’aux plus exigus recoins de la Basilique.
Mgr Ibrahim Sidrak a prononcé des paroles de paix et même quelques mots en arabe, devant les châsses des martyrs disposées dans l’auguste basilique de Saint-Maurice. «Comme nous avons besoin en ces jours de cette communion entre nous, de cette solidarité qui témoigne de notre unité [entre chrétiens d’Orient et d’Occident] nous, membres d’un même corps, le Corps du Christ». L’homélie du Patriarche de l’Eglise Catholique Copte, malgré les attentats et les persécutions dont sont victimes les chrétiens d’Egypte, apportait paix et confiance en ce jour de la fête des martyrs de la légion de Thèbes (l’actuelle Louxor).
«Aujourd’hui, nous sommes ensemble ici réunis pour proclamer le grand amour de Dieu, manifesté dans l’histoire, manifesté dans la vie personnelle de ceux qui se sont abandonnés au projet de Dieu, et le Seigneur leur a été fidèle. De fait, leur mémoire continue encore de parfumer notre Eglise». Le Patriarche a finalement engagé les fidèles à prier pour la paix dans le monde, au Moyen-Orient, particulièrement pour l’Egypte, pays de saint Maurice, et aussi pour que le Seigneur suscite de saintes vocations dans le monastère agaunois.
Pas que des bières belges
La procession des reliques des martyrs s’est ensuite ébranlée, comme d’ordinaire le 22 septembre, à travers la ville, composant avec les travaux d’aménagement routier presque achevés sur l’avenue d’Agaune, retardés par des trouvailles archéologiques exceptionnelles et inattendues. Puis la journée s’est déclinée en festivités moins solennelles. Le marché monastique accueillait les produits artisanaux de vingt-quatre communautés religieuses, ainsi qu’un comptoir à bières trappistes. La forte affluence eut rapidement raison, déjà la veille, des réserves de bières blanches. Il fallut se résigner à certains compromis; deux demoiselles à la sympathie encore juvénile, ont demandé deux bières légères avant le repas, et se sont retrouvées, aux anges, avec deux trappistes de Rochefort no 10…
Or, ce qui frappe lors de cette seconde édition du marché monastique, ce n’est pas spécialement la qualité indéniable des produits (et pas seulement des boissons alcoolisées dont on a au fond peu dit si l’on tient compte des magnifiques spécialités des couvents suisses) non, ce qui marque les esprits, c’est l’ambiance absolument anti-commerciale qui règne entre les étalages: On ne cherche absolument pas à vous vendre des produits, et si vous insistez tout de même pour acheter quelque chose, vous courez le risque que l’on vous l’offre. La vérité, que plusieurs moniales ont bien voulu m’avouer, se dévoile à travers l’abondance de sourires; tous ces religieux se réjouissent simplement de se retrouver dans un grand rassemblement intercommunautaire, une sorte de retrouvailles en famille où le passant est bienvenu, accueilli comme un frère.
Encadré :
Lors de la fête des martyrs, le chanoine missionnaire Guy Luisier, féru d’histoire et d’archéologie, a présenté un nouveau roman qu’il consacre à Maurice et à ses compagnons de la légion thébaine. Cet essai de raconter l’histoire en adoptant la forme du roman lui est inspiré du constat que chaque époque a vu Saint Maurice avec les yeux de son temps. Par exemple, Saint Eucher, qui offre un premier récit du martyre, l’écrit au Vème siècle, dans un temps où le Christianisme pénètre toutes les couches politiques et sociales. Or, Maurice n’a pas vécu un contexte aussi favorable. A son époque, l’Empire romain se désintègre; selon le chanoine, ce temps ressemble au nôtre, où l’hétérogénéité des valeurs, parfois leur incohérence, imprègnent les idées et la culture. Comme Maurice, notre temps est aussi celui d’un retour de balancier, d’où l’idée d’une fécondité de l’histoire des martyrs pouvant éclairer nos questions actuelles.
Le roman entre par étapes dans cette profondeur de contextualisation, partant du terrain et des paysages que Maurice a fréquentés, les mêmes qui s’observent aujourd’hui depuis l’Abbaye et dans sa région du bas-Valais, poursuivant en faisant résonner l’évènement du martyre avec notre société du XXIème siècle, et concluant en posant la question de la foi et de la conviction chrétienne dans un contexte défavorable.
Un enregistrement de la conférence du chanoine Guy Luisier, entrecoupées d’extraits du roman, peut s’écouter sur le portail catholique romand www.cath.ch (https://www.cath.ch/detail/guy-luisier-raconte-saint-maurice).
Le livre Avec Maurice, l’histoire de Saint Maurice et de ses compagnons soldats et martyrs, est à commander aux éditions Saint-Augustin. (http://www.editions.st-augustin.ch/livre/avec-maurice)



