Les médias au défi de la mondialisation – approches et préoccupations éthiques

Lors de son allocution à l’occasion de la remise des prix de l’ASJC, le Père Albert Longchamp, directeur et rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique romand «L’Echo Magazine», a quelque peu anticipé le thème du Congrès mondial de l’UCIP. A partir de sa réflexion intitulée «Les médias au défi de la mondialisation – approches et préoccupations éthiques», le journaliste jésuite a relevé que les «pannes» de la société de l’information ne sont pas fortuites (sauf quelques unes): «Elles peuvent être provoquées, les zones d’ombre étant parfaitement programmées».

Ainsi, en 2025, sur les 8 milliards d’individus qui peupleront la planète, deux milliards de personnes, en situation de pauvreté absolue, n’auront pas la clef d’un seul réseau électrique. Ni radio, ni télé, ni internet: ils échappent à la toile. On estime, poursuit le journaliste critique, que 4 milliards d’individus, dans à peine un quart de siècle, seront encore privés des moyens de communication de base, et a fortiori, de l’accès aux nouvelles technologies de la communication.

«Notre Röstigraben est une aimable plaisanterie à côté du fossé qui se creuse, bien plus profond que les classes sociales analysées par Proudhon, Engels et Marx», a-t-il lancé. Et paraphrasant le sous-commandant Marcos, leader des zapatistes du Chiapas, le Père Longchamp lance: «Les armes, ce sont les médias. (…) C’est pourquoi, avec Edgar Morin, je peux dire qu’aucune société, culture et civilisation n’a connu, avant nous, autant de virtualités émancipatrices que de virtualités asservissantes.» Et le directeur de l’»Echo Magazine» de mettre en garde: «Nous n’avons pas le droit d’oublier que toute technologie nouvelle porte en elle le risque de créer et de consolider des inégalités». A ses yeux, le défi essentiel de ces prochaines années consistera à ne pas créer une frontière infranchissable entre ceux qui ont les moyens – économiques, éducatifs, technologiques, politiques – de se faire une place dans le monde de l’information, et ceux qui n’en disposent pas ou qui peuvent en être dépossédés. Ne pas en somme laisser se créer un fossé insurmontable entre une minorité data rich et une majoritéé data poor. (apic/be)

19 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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