Les membres de l’ONU doivent prendre des «décisions courageuses»
Etats-Unis: Le Saint-Siège soutient la création d’un Etat palestinien
New York, 28 septembre 2011 (Apic) Le Saint-Siège soutient la création d’un Etat palestinien. Aux Nations unies, à New York, le 27 septembre 2011, Mgr Dominique Mamberti a demandé des «décisions courageuses» en vue de la naissance d’un Etat palestinien. Intervenant en ouverture de la 66e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les Etats s’est arrêté sur plusieurs autres défis prioritaires, comme la question de la liberté religieuse. Le discours de Mgr Mamberti a été diffusé dans la soirée du 27 septembre au Vatican.
Quatre jours après la demande historique d’adhésion à l’ONU d’un Etat de Palestine par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Mgr Mamberti a affirmé que le Saint-Siège plaçait cette initiative dans la perspective des tentatives de trouver une solution définitive, avec l’appui de la communauté internationale, à la question déjà abordée par la résolution 181 de l’ONU de 1947. Cette résolution de l’Assemblée générale des Nations unies recommandait alors le partage de la Palestine en un Etat juif, un Etat arabe, et avec la zone de Jérusalem sous régime international particulier.
Ce document fondamental pose la base juridique pour l’existence de deux Etats, d’après Mgr Mamberti. «L’un d’entre eux a déjà vu le jour, alors que l’autre n’a pas encore été constitué, bien que près de 64 ans se soient passés». «Le Saint-Siège est convaincu que, si on veut la paix, il faut savoir adopter des décisions courageuses», a-t-il poursuivi avant de souhaiter que «les organes compétents des Nations unies prennent une détermination qui aide à mettre en œuvre effectivement l’objectif final, c’est-à-dire la réalisation du droit des Palestiniens à avoir leur propre Etat indépendant et souverain et du droit des Israéliens à la sécurité, les deux Etats étant munis de frontières reconnues internationalement».
Chrétiens persécutés
Dans sa longue intervention, le chef de la diplomatie vaticane a évoqué plusieurs autres questions comme le commerce des armes, le Printemps arabe en cours en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la crise économique, la sauvegarde de l’environnement ou encore la juste interprétation du principe de la «responsabilité de protéger». Enfin, Mgr Dominique Mamberti a longuement évoqué la question du respect de la liberté religieuse, en y voyant «la voie fondamentale pour la construction de la paix, la reconnaissance de la dignité humaine et la sauvegarde des droits de l’homme».
Devant les 193 Etats membres, le diplomate du Saint-Siège a déploré une augmentation de l’intolérance pour motifs religieux, ajoutant que «malheureusement on constate que les chrétiens sont actuellement le groupe religieux qui subit le plus grand nombre de persécutions à cause de sa foi».
Mgr Mamberti a lancé un appel aux autorités et aux chefs religieux afin que soient adoptées des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses, là où elles sont menacées, réaffirmant que les chrétiens étaient des citoyens au même titre que les autres. Il a dit enfin que, dans certains pays où l’on accorde une grande importance au pluralisme et à la tolérance, on tend paradoxalement à «considérer la religion comme un facteur étranger à la société moderne ou voire même déstabilisant, en cherchant par divers moyens à la marginaliser et à en empêcher toute influence dans la vie sociale». (apic/imedia/ami/amc)



