Suisse

Les mesures environnementales de Glencore au Congo RDC restent insuffisantes

Malgré quelques progrès, le groupe suisse de matières premières Glencore continue de polluer l’air et le sol autour de la ville de Kolwezi en République démocratique du Congo (RDC). C’est ce que dénonce le dernier rapport de Pain pour le prochain et Action de Carême, présenté le 27 novembre 2018.  

Cette étude est le quatrième rapport des deux organisations de développement suisses, protestante et catholique, sur les activités de Glencore en RDC depuis 2011. Basée à Baar, dans le canton de Zoug, Glencore est une des plus grandes entreprises de négoce et d’extraction de matières premières du monde.

En comparaison avec le rapport en 2014, des progrès ont été réalisés, relève le rapport. Par exemple, Glencore veille à ce qu’aucune eau usée de la mine de cuivre et de cobalt Kamoto Copper Company (KCC) ne soit rejetée dans la rivière Luilu. Et pour certains habitants du quartier de Luilu, un projet d’amélioration de l’approvisionnement en eau a été lancé. Glencore a également amélioré la communication avec la population.

Poussières et pollution des sols

Selon le rapport, deux problèmes de pollution majeurs subsistent néanmoins. La forte concentration de poussière, à proximité de KCC et de Mutanda Mining (MUMI), la deuxième grande mine de Glencore dans le sud-est de la RDC, provoque de nombreuses maladies respiratoires parmi la population. Elle est due principalement au trafic des camions sur les pistes non asphaltées.

Fin mai 2018, les niveaux de poussière dans le quartier ainsi qu’à Luilu, un autre quartier non loin de là, se situaient entre 150 et 300 microgrammes par mètre cube, et jusqu’à 500 microgrammes sur les routes d’accès à la mine. La valeur limite (moyenne sur 24 heures) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de 50 microgrammes, note le rapport.

Le deuxième problème est la pollution des terres agricoles. Ces dernières années, les champs des agriculteurs à proximité des mines ont été pollués à plusieurs reprises par divers produits. Sous la pression des ONG locales, Glencore a indemnisé de nombreuses victimes des mauvaises récoltes. Mais les paysans attendent toujours une compensation pour la dégradation de leurs sols. En outre, Glencore n’a pas révélé la composition exacte des substances qui ont fui dans deux cas.

Le rapport pointe aussi les problèmes en matière de corruption et de fiscalité. Glencore est d’ailleurs empêtrée, dans plusieurs procédures judiciaires liées au payement des concessions et des dividendes.

L’initiative pour des multinationales responsables apportera une solution

Malgré les progrès, le dernier rapport indique clairement que Glencore n’exerce sa diligence raisonnable en RDC que de manière incomplète, notent AdC et PPP.

Pour les ONG, ce cas démontre que les mesures volontaires des entreprises ne suffisent pas. Peu d’actions sont entreprises sans la pression des ONG et de la société civile. Les problèmes existants sont souvent abordés de manière hésitante et les mesures de prévention sont insuffisantes. Une réglementation contraignante pour les entreprises suisses actives au niveau international, comme le demande l’Initiative pour des multinationales responsables, est donc absolument nécessaire. C’est la seule façon de promouvoir un meilleur respect des droits humains et des normes environnementales pour les entreprises suisses à l’étranger, estiment les œuvres d’entraide. (cath.ch/com/mp)

La poussière provoque nombre de maladies respiratoires | © Flickr AdC PPP
27 novembre 2018 | 11:57
par Maurice Page
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