Suisse

Les migrants fortement touchés par le coronavirus

A l’occasion de la journée des migrants du 27 septembre 2020, Migratio a procédé à un petit sondage sur la pastorale au temps du Covid-19 auprès des communautés linguistiques. Les rencontres physiques ont beaucoup manqué aux catholiques d’origine étrangère vivant en Suisse.

Il est frappant de voir combien l’aspect communautaire constitue une part essentielle de la pratique religieuse dans les missions et aumôneries linguistiques, relève, le service de la Conférence des évêques suisses pour les migrants, Migratio. Cet aspect dépasse de loin la messe et la prière commune.

Les rencontres communautaires ont beaucoup manqué

Très souvent, les célébrations liturgiques sont en effet encadrées de moments de convivialité et de partage qui remplissent parfois toute une journée. La disparition de ces lieux de rencontre a donc été particulièrement douloureuse pour beaucoup de membres des communautés linguistiques.  

Cette envie de proximité a trouvé diverses solutions, par exemple en organisant des rencontres ou des pauses-café en ligne. A plusieurs endroits, la communauté s’est même renforcée. Notamment lorsqu’un seul prêtre a la charge de plusieurs communautés réparties dans diverses régions de Suisse. Grâce aux messes et aux services diffusés en ligne, les fidèles, qui célèbrent habituellement dans des endroits différents, ont fait connaissance. D’autres qui avaient perdu le contact avec une mission l’ont renoué grâce à l’offre digitale.

«La distance physique nous a rapprochés spirituellement»

Importance d’internet et des réseaux sociaux

Avant la crise du coronavirus déjà, de nombreux membres des communautés linguistiques, même les plus âgés, utilisaient internet et les médias sociaux pour rester en contact avec leurs proches restés dans leurs pays d’origine ou établis dans d’autres régions. L’épidémie a été une occasion de renforcer la dimension spirituelle de ces échanges, note Migratio «La distance physique nous a rapprochés spirituellement, nous étions reliés par le chapelet quotidien, les prières du mercredi et les messes communes», témoigne un fidèle.

«Presque tous les migrants connaissent quelqu’un qui est tombé malade ou décédé»

Pas malade mais touché quand même

Les conséquences du coronavirus se sont fait sentir de manière particulièrement radicale pour de nombreux fidèles des communautés linguistiques, remarque Migratio. C’est le cas, par exemple, pour les sans-papiers, notamment à Genève. Au souci de la contamination s’ajoutaient souvent la perte du travail et l’impossibilité de recourir aux services sociaux.

Ce fut aussi le cas, pour des personnes ayant des racines en Italie, en Espagne ou en Amérique du Sud. Presque toutes connaissent quelqu’un qui est tombé malade. Beaucoup ont perdu un parent ou un ami. Le virus était ainsi très présent. C’est pourquoi, ils ne reviennent qu’avec une grande prudence sur les bancs des églises.

La mission catholique philippine est venue en nombre lors de la visite du pape à Genève. | © B. Hallet

Améliorer la coexistence

Les derniers mois ont été, selon un missionnaire, riches d’enseignement sur bien des points. «Beaucoup ont une conscience plus aiguë que nous ne nous suffisons pas à nous-même mais que nous avons besoin d’autrui, du vis-à-vis: l’humain ne peut exister qu’en communauté avec d’autres.»

De ce point de vue, le coronavirus ouvre des chances pour de nouvelles rencontres avec des communautés linguistiques ou avec les paroisses locales. Migratio entend soutenir cette évolution vers une intensification de la coexistence.

Les gens du voyage

Migratio s’occupe aussi des gens du voyage. La crise du coronavirus les a également touchés durement. Beaucoup d’entre eux, notamment les forains, n’ont pas trouvé à travailler. En outre, la situation déjà souvent difficile de leurs aires de repos a empiré à cause des règles de distance à respecter. Un autre défi est le prosélytisme de nombreux mouvements religieux. (cath.ch/com/mp)

Le choeur de la Mission catholique albanaise lors de la fête de sainte Mère Teresa, à Saint-Amédée (Lausanne) | © Mission linguistique albanaise
24 septembre 2020 | 17:00
par Maurice Page
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