«Les musulmans doivent le respect aux livres saints»

Pakistan: Un parti islamiste renonce à faire interdire la Bible

Islamabad, 16 juin 2011 (Apic) Le Jamiat Ulema-e-Islam (JUI-S) retire son recours devant la Cour Suprême, visant à faire interdire la Bible pour son caractère «blasphématoire», a déclaré le chef du parti islamique, Sami ul Haq, le 13 juin 2011. Les responsables chrétiens du Pakistan ont accueilli la nouvelle avec soulagement. Mais ils ne croient pas à une amélioration fondamentale du sort de la minorité chrétienne, indique Eglises d’Asie (EDA), l’agence de presse des Mission Etrangères de Paris (MEP), le 16 juin.

Le 30 mai 2011, Abdul Rauf Farroqi, responsable religieux du JUI-S, avait expliqué à la presse que la Bible contenait des passages «pornographiques» et était irrespectueuse envers certains prophètes. A ce titre, le livre saint des chrétiens était considéré comme «blasphématoire» et devait faire l’objet d’une plainte en justice. Mais le 13 juin, Sami ul Haq a annoncé le retrait du recours, soulignant l’engagement de son parti en faveur de «la solidarité religieuse». «A l’instar des fidèles des autres religions, les musulmans doivent le respect aux livres saints. J’ai parlé avec la personne qui a demandé que la Bible soit interdite et je l’ai convaincu que ce n’était pas une bonne décision», a-t-il affirmé.

L’optimisme n’est pas à propos

Pour le Père Francis Nadeem, responsable du Conseil national pour le dialogue interreligieux, la décision de Sami ul Haq ne doit pas être interprétée comme un pas décisif vers l’harmonie interreligieuse. «A la base, le recours était nul et non avenu: personne n’aurait pris la responsabilité d’assurer la défense de cette plainte devant les juges suprêmes, car il est impossible de traduire en justice un livre saint. Jésus Christ est mentionné dans le Coran sous le nom de Issa, et toute démarche visant à nuire à la Bible entre en contradiction avec la foi professée par la vaste majorité des habitants de ce pays», a expliqué le prêtre catholique. Puis il a rappelé que l’actualité nationale n’incite pas à l’optimisme quant au sort de la minorité chrétienne. (apic/eda/amc)

16 juin 2011 | 17:40
par webmaster@kath.ch
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