Russie: Le patriarcat de Moscou appelé à répondre aux signaux d'ouverture du Vatican
Les obstacles de la primauté et de l’uniatisme levés?
Moscou, 12 décembre 2014 (Apic) Hieromonk Ioann, ancien responsable du Département pour les relations extérieures du patriarcat de Moscou, appelle, dans un article paru début décembre 2014, l’Eglise orthodoxe russe à répondre aux appels de rapprochement récemment lancés par le pape François.
L’article intitulé «Nous ne pouvons pas attendre» a été publié sur le site orthodoxe russe «bogoslov.ru», rapporte l’agence d’information catholique «Asia News». Hieromonk Ioann y exprime notamment l’opinion que le patriarcat de Moscou doit surmonter «l’impasse» dans laquelle se trouve le dialogue œcuménique avec l’Eglise catholique.
Le responsable orthodoxe affirme tout d’abord que l’appel du pontife à prier pour lui après son élection démontre non seulement «sa portée humaine et spirituelle», mais également sa vision du statut de l’Eglise. Pour Hieromonk Ioann, les paroles du pape François reflètent «sa vision de la primauté en tant que service dans la charité». Le dignitaire russe souligne ainsi que «rarement au sein de l’Eglise catholique de ces derniers siècles, un pontife s’est aussi explicitement désigné comme ‘évêque de Rome’». La primauté du pape est en effet l’un des principaux sujets de discorde entre les Eglises orthodoxes et catholique romaine.
Mener ensemble le voyage vers l’unité
Hieromonk Ioann cite également avec enthousiasme une phrase prononcée par le pape dans l’avion qui le ramenait de Turquie, le 30 novembre dernier, selon laquelle il fallait mettre fin à «l’uniatisme», doctrine qui a pour objectif la communion avec Rome d’Eglises autorisées à garder leurs rites d’origines. C’est selon cette doctrine que certaines Eglises orthodoxes d’Ukraine se sont placées, au XVIe siècle, sous la juridiction de Rome, créant l’Eglise gréco-catholique ukrainienne, avec laquelle le patriarcat de Moscou entretient des relations très tendues. Le pape François avait déclaré exactement: «Les Eglises orientales catholiques ont vraiment le droit d’exister, mais l’uniatisme est un mot d’une autre époque, il faut trouver une autre voie».
Ainsi, Hieromonk Ioann affirme dans son article que «le 30 novembre 2014, l’Eglise catholique n’a pas seulement accepté les conditions posées par l’Eglise russe. Son chef suprême a, à travers cette déclaration inattendue, exprimé sa désapprobation du phénomène de l’uniatisme». Fort de ce constat, le responsable orthodoxe se demande si l’Eglise russe répondra à l’adresse du pape envers cette dernière selon laquelle «nous ne pouvons pas attendre: l’unité est un voyage, un voyage qui doit être entrepris, qui doit être entrepris ensemble». Le 30 novembre, le pape François avait explicitement invité le patriarche de Moscou Cyrille 1er à le rencontrer. (apic/asian/arch/rz)



