Corée du Sud : Manifestations contre le rapatriement par la Chine de réfugiés nords-coréens

Les personnes qui fuient le régime nord coréen risquent la mort

Séoul, 23 février 2012 (Apic) Des parlementaires, des membres d’organisations religieuses, des ONG, et des célébrités de Corée du Sud ont manifesté mercredi 22 février devant l’ambassade de Chine à Séoul, pour dénoncer le rapatriement forcé par Pékin d’une trentaine de réfugiés nord-coréens.

Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des Missions étrangères de Paris, indique que la manifestation demandait à Pékin de suspendre le rapatriement de la trentaine de ressortissants nord-coréens actuellement détenus à Changchun, capitale de la province du Jilin, dans le nord-est de la Chine. Les réfugiés ont été arrêtés entre le 8 et le 12 février, la plupart dans la ville de Shenyang, capitale de la province de Liaoning, alors qu’ils tentaient de gagner la Corée du Sud, avec l’aide d’une organisation locale.

Peu après la mort de Kim Jung-il le 17 décembre dernier, Pyongyang a annoncé un durcissement des sanctions à l’encontre de tous ceux qui tenteraient de quitter le pays sans autorisation officielle. «Le régime a décrété que durant les 100 jours de deuil de Kim Jong il, tout déserteur serait exécuté ainsi que sa famille sur trois générations», rapporte Kim Eun Young, de la Citizen Alliance for North Korean Human Rights (NKHR), une ONG sud-coréenne.

Pékin ne respecte pas la convention internationale sur les réfugiés

La Chine, dernier allié du régime totalitaire, considère cependant tout individu pénétrant illégalement sur son territoire en provenance de Corée du Nord, comme un migrant économique, et ne lui reconnaît pas le statut de réfugié, malgré les admonestations régulières de la communauté internationale et des ONG de défense des droits de l’homme. En 2011, des milliers de fuyards ont ainsi été rapatriés de force en Corée du Nord où, selon certaines ONG, la plupart auraient été exécutés. Ces derniers jours, le Haut Commissariat pour les réfugiés de l’ONU a demandé à entrer en contact avec les transfuges nord-coréens, au nom de la convention internationale sur le statut des réfugiés dont la Chine est signataire, mais s’est heurté à une fin de non-recevoir. De leur côté, Amnesty International et Human Rights Watch dans des déclarations successives, ont rappelé à Pékin, en vain, que le droit international interdisait l’expulsion vers un pays où la personne concernée risquait d’être victime de persécutions, de torture ou d’une exécution. (apic/eda/mp)

23 février 2012 | 09:17
par webmaster@kath.ch
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