Zürich: Le nouvel évêque catholique chrétien, Harald Rein, est confiant envers l’avenir

Les petites Eglises réagissent plus rapidement aux changements sociaux

Zürich, 30 juin 2009 (Apic) Le nouvel évêque des catholiques chrétiens de Suisse, Harald Rein, va mettre de côté son engagement politique au PDC afin de s’investir à fond pour son Eglise. L’ancien candidat au conseil d’Etat zurichois se montre optimiste quant à l’avenir de son Eglise, qui compte 13’000 membres en Suisse: «Il y a eu des Eglises plus grandes que la nôtre qui ont disparu de la circulation, et il y a aussi eu des plus petites qui ont gagné en importance».

Les changements sociaux favorisent les petites Eglises. Au contraire de leurs grandes soeurs, elles sont bien mieux préparées à affronter les crises sociales et économiques du fait qu’elles sont formées de petites communautés et disposent de peu de moyens financiers, a affirmé Harald Rein, interrogé par l’agence Apic. Agé de 52 ans, divorcé, père de trois enfants adultes, il sera ordonné évêque le 12 septembre à Zürich et prendra ensuite ses quartiers le 14 septembre à Berne.

Ce natif de Bochum en Allemagne, devenu citoyen suisse en 2001, qualifie l’Eglise catholique chrétienne de «miracle économique». A peine 13’000 membres sont en mesure d’entretenir 200 bâtiments, dont 100 églises, et de salarier 50 personnes. Au niveau des effectifs, le problème ne réside pas dans les sorties d’Eglise, selon lui, mais dans le vieillissement des membres. Par ailleurs, l’immigration profite surtout aux orthodoxes, aux catholiques romains et aux musulmans, mais pas aux catholiques chrétiens. Mais pour Harald Rein, il n’est pas question de recruter des membres dans les autres communautés. L’Eglise catholique chrétienne cherchera davantage à attirer des personnes qui n’ont plus d’attachement ecclésial.

Les mouvements libéraux – Harald Rein considère que son Eglise en fait partie – se trouvent aujourd’hui «souvent dans les derniers wagons». Les conservateurs et les traditionalistes, que ce soit dans l’Eglise, en politique ou dans des groupements, apparaissent toujours davantage sur le devant de la scène et disposent de beaucoup de moyens financiers.

Pleine communion avec les anglicans

Le nouvel évêque cite deux sujets importants qui l’attendent lors de son entrée en fonction. A l’interne d’abord, il souhaite développer les communautés paroissiales, qu’il tient à visiter dès son entrée en fonction. Ensuite, il se concentrera sur «le travail œcuménique, qui a toujours été un thème chez les vieux-catholiques». Il espère que l’Eglise catholique chrétienne «pourra reconquérir son rôle de leader». Elle connaît déjà une situation de pleine communion avec les anglicans. L’évêque catholique chrétien de Suisse est d’ailleurs aussi l’évêque au service des anglicans. Pour les prochaines années, des discussions intensives sont prévues au sujet de l’union entre les anglicans en Suisse et les catholiques chrétiens, afin que les deux communautés soient sous la jurisprudence de l’évêque catholique chrétien.

Mais ce ne serait pas le début de la fusion. Les discussions sur le rapprochement ont mené à la conviction que la juridiction, dans le cas d’une union, revient à la plus ancienne Eglise locale. «Selon les conceptions anglicane et vieille-catholique, nous sommes la plus ancienne Eglise locale», souligne Harald Rein.

La grande diversité de l’Eglise catholique

Le rapprochement avec l’Eglise catholique romaine constitue aussi une option. «L’Eglise catholique» est une «Eglise très large avec des points de vue très divers». Dans l’Eglise catholique, il y a une place pour les traditionalistes de Mgr Lefebvre, pour les catholiques chrétiens et «pour les diocèses confiés actuellement aux Conférences épiscopales catholiques romaines». Harald Rein est d’avis que le pape Benoît XVI devrait se donner pour but de «relier à nouveau les courants de gauche et de droite dans une Eglise catholique», dans laquelle il y aurait place pour les catholiques chrétiens, pour l’Eglise catholique romaine et pour les groupements comme la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

Le processus de dialogue au niveau universel entre le Saint-Siège et les catholiques chrétiens a été clos en mai dernier au niveau des commissions. Un rapport a maintenant été envoyé aux différents organes responsables locaux pour une prise de position. Ce document recommande une forme de communion ecclésiale entre l’Eglise catholique chrétienne et l’Eglise catholique romaine sous une forme analogue à celle entre Rome et les Eglises uniates orientales. Mais deux éléments de séparation demeurent: la primauté juridictionnelle du pape et l’ordination des femmes.

«Le synode m’a élu évêque bien que je sois divorcé. Il est d’avis que seule une prise en considération globale de la compatibilité d’une personne en vue d’une fonction est décisive», affirme Harald Rein. Selon lui, on ne peut réduire une personne à un seul point d’attention, qu’il soit positif ou négatif. La séparation et la défaillance font partie de la vie. «Et en tant qu’évêque, si je parle maintenant de la famille comme communauté ecclésiale ou de la sexualité, je sais de quoi je parle, autant dans un sens spirituel que pratique.»

Indication aux rédactions: Des photos payantes peuvent être commandées auprès de kipa@kipa-apic.ch. Prix pour publication: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.

(apic/gs/bb)

1 juillet 2009 | 10:35
par webmaster@kath.ch
Partagez!