Brésil: Baisse historique des expropriations pour la réforme agraire

Les pires résultats depuis 20 ans

Brasilia, 7 janvier 2013 (Apic) Le gouvernement de Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, est celui qui a le moins exproprié les terres dans le cadre de la réforme agraire. C’est ce que révèle une étude réalisée par la direction technique de l’Assemblée nationale brésilienne, s’appuyant sur les chiffres officiels publiés par le journal officiel de l’Union (Etat brésilien).

Avec 86 opérations en un peu plus de deux ans, le gouvernement de Dilma Rousseff est celui qui a exproprié le moins les grandes propriétés rurales dans le cadre de la réforme agraire depuis plus de 20 ans. Pire, le rythme des expropriations a chuté de plus de la moitié, passant de 58 opérations en 2011 à 28 en 2012. Une situation qu’Alexandre Conceição, le coordinateur national du Mouvement des Travailleurs Ruraux sans Terre (MST) qualifie de «honte».

Moins de demandes de terres

Pour les autorités, la baisse des expropriations est liée à la moindre sollicitation de terres de la part de paysans sans terre dans le pays. Une baisse de la demande que le gouvernement attribue notamment à la consolidation du programme «Bolsa Familia» (»Bourse Famille», allocation comprise entre 25 et 170 CHF par mois, suivant la situation des familles. Le salaire minimum est de 290 CHF, ndlr), créé sous le règne de l’ex-président Lula da Silva. Aujourd’hui, 12 millions de familles pauvres et très pauvres en bénéficient. Un programme social efficace qui pousserait moins de familles à chercher une terre pour survivre.

Absence de volonté politique

Les représentants des mouvements paysans rejettent globalement cet argument. Selon eux, la présidente cherche à donner des gages de bonne volonté politique à l’attention de la «Banca Ruralista», regroupement de partis politiques favorables aux grands propriétaires et à l’agro-industrie, et alliés du gouvernement. «Cette frilosité concernant les expropriations dans le cadre de la réforme agraire garantit une certaine stabilité au sein du gouvernement, poursuit Alexandre Conceição. Mais elle empêche les indispensables réformes structurelles qui affecteraient les intérêts des classes privilégiées».

Ce faible taux d’expropriation pourrait perdurer en 2013, selon le MST, en «l’absence de véritable volonté politique». (apic/jcg/ggc)

7 janvier 2013 | 15:53
par webmaster@kath.ch
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