Centrafrique: L'archevêque et l'imam demandent une force de maintien de la paix
Les progrès réalisés depuis le déploiement des Français sont fragiles
Bangui, 27 décembre 2013 (Apic) Les progrès réalisés depuis le déploiement de 1’600 soldats français, début décembre, aux côtés de la Mission internationale de soutien au Centrafrique (Misca) sont fragiles. Et les troupes ne sauraient porter ce fardeau à elles seules. D’où la nécessité «de toute urgence» que les Nations Unies déploient sur le terrain une force de maintien de la paix, ont écrit Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, et l’imam Omar Kobine Layama, président de la communauté islamique centrafricaine, dans un appel paru dans le quotidien Le Monde.
De graves violences se sont soldées dans la capitale Bangui par au moins 40 victimes en l’espace des dernières 48 heures, ont encore indiqué l’archevêque et l’imam dans leur message repris par l’agence catholique Misna.
Le 23 décembre, la Croix Rouge avait fait état de la découverte toujours à Bangui d’une soixantaine de corps. «Ce conflit n’est pas en soi un conflit entre musulmans et chrétiens, c’est une crise humanitaire grave provoquée par une instabilité politique et militaire chronique. Mais, si rien n’est fait, la crise pourrait enclencher sa propre dynamique irrépressible et dangereuse», redoutent les deux chefs religieux, convaincus que «faute d’une réponse internationale plus importante, notre pays ne soit condamné aux ténèbres» et que seule une force de maintien de la paix des Nations Unies pourraient disposer des ressources nécessaires pour bien protéger la population civile.
Depuis le début décembre, plus de 1’000 victimes ont été recensées à Bangui et dans sa province, dues aux attaques de milices anti-balaka et aux représailles des anciens rebelles de la coalition de Seleka, auteurs du coup d’Etat de mars. Les tensions découlent également de la présence d’un contingent de soldats tchadiens au sein de la Misca, forte de 850 hommes, que la multitude soupçonne de complicité avec les anciens rebelles de la Seleka, et qui ont été récemment impliqués dans des incidents, y compris la veille de Noël, dans une fusillade contre les militaires du contingent burundais de cette même force panafricaine.
Des fusillades le jour de Noël
Pendant ce temps, les soldats français ont été envoyés dans les quartiers de Gobongo, près de l’aéroport, dans le secteur nord de la capitale, et à Pabongo, dans le sud, afin de rétablir la sécurité dans les quartiers qui ont subi les violences les pires des derniers jours. Pendant toute la journée du 25 décembre et jusqu’au soir, des fusillades d’origine indéterminée ont semé la panique dans ces mêmes secteurs, provoquant également cinq morts dans les rangs des soldats tchadiens à Gobongo, probablement causés par les anti-balaka. (apic/misna/bb)



