LES PROTESTANTS AUTRICHIENS CONDAMNENT LES «REVELATIONS» D’UN GROUPE

HOMOSEXUEL ENI-95-0205çF

Varsovie, le 11 ao#t (ENIçJonathan Luxmoore) – Plusieurs responsables

protestants autrichiens ont condamné l’action d’un groupe homosexuel

viennois qui a prétendu que quatre évêques catholiques romains d’Autriche

étaient homosexuels.

Ces allégations ont été faites lors d’une conférence de presse tenue à

Vienne le 1er ao#t par Kurt Krickler, secrétaire général de l’Initiative

des homosexuels (HOSI), groupe de défense des droits des homosexuels.

Celui-ci a déclaré qúil avait décidé de révéler le nom de quatre évêques,

Christoph Sch#nborn et Klaus K#ng, de Vienne, Egon Kapellari, de

Klagenfurt, et Andreas Laun, de Salzbourg – «pour montrer que des évêques

pouvaient aussi être des homosexuels».

Selon Kurt Krickler, cette action n’a pas été prise avec l’intention de

nuire aux évêques, mais parce que son groupe «ne voyait aucun autre moyen

de défendre les droits des homosexuels».

K. Krickler a déclaré qúil avait obtenu les informations sur les évêques de

«trois sources indépendantes», et qúil détenait des preuves solides, mais

il a refusé de révéler ses sources.

Les quatre évêques ont démenti ces allégations et auraient décidé de porter

l’affaire en justice.

L’évêque Kapellari, connu comme le représentant de l’aile libérale

catholique romaine en Autriche, a condamné les méthodes du groupe, qúil

qualifie de «violations des droits fondamentaux qui sont la base de toute

société démocratique».

Thomas Hennefeld, un des responsables de l’Eglise réformée d’Autriche, qui

compte 15 000 membres, estime que les chrétiens, pour la plupart, vont se

montrer solidaires des évêques dont le nom a été révélé lors de cette

conférence de presse.

«Ce n’était ni juste ni correct d’agir de cette manière, sans apporter de

preuves», a-t-il dit. «Il n’est pas possible de régler ces problèmes de

cette manière.»

Pour Gertraud Knoll, surintendant de l’Eglise luthérienne d’Autriche, dont

les 340 000 membres représentent 5 % de la population, cette initiative

pourrait ce retourner contre le groupe HOSI et porter atteinte aux droits

des homosexuels en engendrant de nouveaux préjugés à leur encontre.

«De fac,on générale, toutes les Eglises d’Autriche estiment que cette

démarche est fausse et irresponsable», a déclaré Karin Schobesberger,

porte-parole de l’Association de presse évangélique, à Vienne.

«L’argument selon lequel ces accusations publiques n’avaient pas pour but

de nuire aux évêques puisque l’homosexualité n’est pas un mal en soi ne

tient pas.»

Selon elle, l’Eglise catholique romaine a une vision négative de

l’homosexualité et «cela pourrait pousser les évêques à démissionner».

Plusieurs membres d’un groupe de défense des droits des homosexuels «Les

homosexuels et l’Eglise» se seraient aussi distancés de cette action, et le

quotidien Neue Kronenzeitung, qui a boycotté la conférence de presse, a

exhorté d’autres journaux à passer sous silence les activités de ce groupe.

Par ailleurs, Radio Vatican a réagi en affirmant, le 1er ao#t, que ces

accusations, «totalement fictives et dénuées de tout fondement», avaient

été dictées par des motivations politiques dans le but de relancer la

campagne de dénigrement contre l’Eglise catholique en Autriche.

Cette controverse est en effet la dernière d’une longue série d’affaires

qui ont secoué l’Eglise catholique romaine autrichienne cette année.

En avril, l’archevêque de Vienne, le cardinal Hans Hermann Groer, a

démissionné de son poste de président de la Conférence épiscopale

autrichienne, après avoir été publiquement accusé d’avoir abusé

sexuellement, dans les années 70, d’élèves de l’internat catholique o# il

enseignait.

Par ailleurs, plus de 500 000 personnes auraient signé une pétition

présentée à l’échelon national par un groupe de catholiques romains

libéraux, qui réclament la nomination de femmes prêtres, l’élection des

évêques par des lai»cs, la fin de l’obligation de célibat pour les prêtres,

et «la reconnaissance de la valeur des relations sexuelles». (637 mots)

11 août 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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