Les rabbins chefs d’Israël rencontreront Benoît XVI le 15 septembre

Au menu: le 40e anniversaire de la Déclaration «Nostra Aetate»

Propos recueillis à Lyon par Ariane Rollier

Lyon, 15 septembre 2005 (Apic) Les rabbins chefs d’Israël Shlomo Moshe Amar et Yona Metzger seront reçus le 15 septembre par Benoît XVI en audience à Castel Gandolfo.

Au menu des entretiens: le 40e anniversaire de la Déclaration Nostra Aetate et la poursuite des échanges entre juifs et chrétiens, comme l’a confirmé à I.Media, partenaire de l’Apic, Oded Wiener, directeur général du grand rabbinat. Ce dernier souhaite aussi voir inséré dans le calendrier de l’Eglise catholique un jour consacré à la mémoire des juifs. «Cela a commencé dans certains pays, assure Oded Wiener. Je suis allé en Pologne pour promouvoir le respect et la compréhension de notre religion. Je crois qu’après l’Holocauste, pour éviter que de tels actes se reproduisent, il devrait y avoir un jour durant lequel on prie les uns pour les autres».

Oded Wiener et Shear-Yashuv Cohen ont participé à Lyon à la rencontre interreligieuse pour la paix organisée par la communauté Sant’Egidio, du 11 au 13 septembre 2005. Interview.

Q.: Qu’espérez-vous de la rencontre de Benoît XVI avec les rabbins chefs d’Israël prévue le 15 septembre ?

R.: Nous espérons poursuivre le dialogue qui a atteint de nouveaux sommets durant le pontificat de Jean Paul II. Il a créé une commission commune entre les rabbins chefs d’Israël et le Saint-Siège, dont font partie le cardinal Kasper et le cardinal Mejia du côté chrétien et mes collègues et moi-même de l’autre côté. La commission qui se rencontre une fois par an pour discuter de sujets d’intérêts communs a fait un très bon travail. J’espère que le pape actuel poursuivra cette tradition et trouvera également de nouvelles façons et moyens d’approfondir et de souligner les connexions entre nos deux religions. Nous avons la même origine, le pays de la Terre Sainte, qui est désormais l’Etat d’Israël, et la même croyance en Dieu source de la foi juive et de la foi chrétienne.

Q.: Avez-vous des questions particulières à poser au pape ou des sujets sur lesquels vous voudriez vous entretenir avec lui ?

R.: Nous avons beaucoup de questions. Par exemple, sur ce qui vient de se passer concernant la désacralisation sur les sites saints des synagogues dans la Bande de Gaza (des destructions condamnées lors de «l’appel pour la paix» lancé à la fin du rendez-vous de Sant’Egidio, le 13 septembre, ndlr). Nous voulons promouvoir et respecter des lieux sacrés de chacun, synagogues et églises, et montrer clairement que nous déplorons tout massacre et promouvons le respect de l’homme et de la foi humaine. Comme nous respectons d’autres fois, les autres fois doivent nous respecter. Et les leaders doivent utiliser leur pouvoir pour promouvoir la paix et non la haine, la terreur et la guerre.

Q.: Est-ce votre première rencontre officielle avec le pape Benoît XVI ? Quelles sont vos attentes concernant cette audience ?

R.: Je connaissais le cardinal Ratzinger depuis de nombreuses années et je crois que notre amitié avec Jean Paul II, incluant sa visite à Jérusalem, va continuer avec son successeur.

Q.: Pensez-vous que Benoît XVI se rendra en Israël ?

R.: Je suis sûr que oui. S’il suit les pas de son prédécesseur, il se rendra à Jérusalem qui est un lieu saint respecté par les chrétiens et par la religion juive, à Bethléem et dans d’autres lieux saints d’Israël. (apic/imedia/ar/pr)

15 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!