Rome: Le Vatican règle un contentieux entre des bénédictins italiens et un diocèse croate
Les rapports entre le Vatican et Zagreb se sont tendus
Rome, 1er août 2011 (Apic) Moins de 2 mois après le voyage réussi de Benoît XVI en Croatie, les rapports entre le Vatican et Zagreb se sont envenimés à cause d’un vieux contentieux immobilier.
En effet, Zagreb n’apprécie pas que le Vatican ait récemment très brièvement suspendu l’évêque de Porec et Pula, Mgr Ivan Milovan, le temps qu’un commissaire envoyé de Rome signe à sa place un accord mettant fin à un contentieux opposant le diocèse croate à des bénédictins italiens à propos des droits de propriété d’un de leur ancien monastère, à Dajla, en Istrie (Nord-Ouest). Depuis le 30 juillet 2011, la presse croate se fait l’écho de cet incident pour le moins inhabituel alors que les diplomates des deux bords commencent à se concerter.
L’évêque de Porec et Pula mis hors jeu le temps de la transaction
Ces derniers jours, la presse croate affirme ainsi que, courant juillet, Benoît XVI a suspendu, «durant une minute», l’évêque de Porec et Pula, nommant temporairement à sa place un prélat envoyé de Rome pour mettre fin au contentieux entre le diocèse et l’ordre bénédictin concernant la propriété du monastère de Dajla. Ce monastère avait été confisqué à l’époque par le régime communiste puis restitué au diocèse. Cet accord prévoit un dédommagement de 6 millions d’euros et la restitution des biens.
Selon la presse croate, un prélat espagnol, Mgr Santos Abril y Castelló, vice-camerlingue et ancien nonce dans les Balkans, aurait ainsi été nommé par Benoît XVI le temps de signer l’accord mettant fin au contentieux. Au sein du diocèse, certains reprochent à Rome de passer au-dessus des traités internationaux et de menacer l’institution de banqueroute. Le cardinal secrétaire d’Etat, l’Italien Tarcisio Bertone, est particulièrement montré du doigt. Le Saint-Siège pourrait bientôt publier un communiqué à propos de cette affaire.
L’Italie et l’Eglise italienne accusées de vouloir réviser le Traité d’Osimo
Les autorités locales d’Istrie, pour leur part, accusent l’Italie comme certains responsables de l’Eglise catholique de la Péninsule de vouloir réviser le Traité d’Osimo qui, en 1975, définissait les frontières de la Yougoslavie. En congé, l’ambassadeur de Croatie auprès du Saint-Siège a choisi de revenir au plus vite à Rome et devrait être reçu à la Secrétairerie d’Etat le 2 août, a appris l’agence de pesse I.MEDIA à Rome.
A Zagreb, le nonce apostolique aurait été convoqué par le ministère des Affaires étrangères. Enfin, la Premier ministre croate Jadranka Kosor, a rencontré Mgr Milovan le 1er août, lui assurant qu’elle allait écrire au pape et au secrétaire d’Etat du Saint-Siège.
Un monastère du 18e siècle
Les bénédictins de l’Abbaye de Praglia (Italie) entendent ainsi depuis des années obtenir un dédommagement alors que le monastère qu’ils avaient fondé au 18e siècle à Dajla, un temps confisqué par le régime de Tito au terme de la Seconde Guerre mondiale, a été restitué par la suite au diocèse de Porec et Pula.
Mais la requête des bénédictins a été rejetée une première fois par les autorités croates car, sur la base du Traité d’Osimo entre Rome et Belgrade. L’abbaye de Praglia avait été déjà dédommagée à hauteur d’1,7 milliard de lires (878’000 euros environ) par l’Etat italien. En 2006, les bénédictins italiens ont demandé 30 millions d’euros de dédommagement au diocèse de Porec et Pula.
L’évêque refuse de signer l’accord
Afin d’éviter un long procès, une commission a alors mené une négociation à laquelle participaient le cardinal italien Attilio Nicora, alors président de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA), et l’archevêque de Zagreb, le cardinal Josip Bozanic. La commission a tranché en faveur des bénédictins, demandant au diocèse croate et à la paroisse de Dajla de verser 6 millions d’euros à l’abbaye de Praglia et de restituer les biens.
L’évêque aurait cependant refusé de signer cet accord et aurait demandé l’intervention de Benoît XVI. Devant le refus de l’évêque de signer l’accord, le pape aurait ainsi choisi une méthode assez inhabituelle.
Depuis le début de cette affaire, des terres du monastère ont été vendues. C’est à ce titre que les bénédictins italiens demandent un dédommagement de 6 millions d’euros avec la restitution des biens encore existants. (apic/imedia/ami/be)



