Moscou: Le patriarcat de Moscou pas favorable à une visite du pape en Ukraine en 2012
Les relations avec Rome se sont cependant améliorées
Moscou/Kiev, 27 mai 2010 (Apic) L’annonce d’une possible visite du pape Benoît XVI en Ukraine en 2012 ne fait pas l’unanimité au sein de l’Eglise orthodoxe russe. Le patriarcat de Moscou a fait savoir que cette visite, prévue à l’occasion des célébrations du 600ème anniversaire du transfert du siège primatial de Galich (Galicie) à Lviv, capitale de l’Ukraine occidentale, n’allait pas faire du bien aux relations entre l’Eglise orthodoxe russe et le Vatican.
Selon l’agence de presse russe Interfax, ces festivités catholiques ne sont «pas la meilleure occasion» pour une visite du pape en Ukraine. Le Saint-Siège a accepté une telle invitation, a annoncé le 25 mai Mgr Mieczyslaw Mokrzycki, archevêque de Lviv et président de la Conférence épiscopale latine d’Ukraine, lors d’une réunion des évêques catholiques d’Ukraine. Cette information a été rapportée le même jour par l’agence catholique ukrainienne RISU.
«La célébration du 600ème anniversaire du transfert de la résidence des métropolites catholiques de Galicie à Lvov (Lviv en urkainien, ndr) n’est pas la meilleure occasion pour la visite du pontife sur le territoire canonique de l’Eglise orthodoxe russe», a souligné le Père Dimitry Sizonenko, secrétaire en charge des relations inter-chrétiennes au Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou.
Des conflits pas encore tout à fait apaisés
Le Père Dimitry a déclaré à Interfax-Religion que le Patriarcat de Moscou n’a pas encore reçu d’information du Vatican à ce sujet. Il estime que cela aurait plus de sens de parler de la position du Patriarcat concernant la visite du pape Benoît XVI en Ukraine seulement après qu’elle soit officiellement annoncée par le Vatican.
Les relations entre le Patriarcat de Moscou et l’Eglise catholique romaine se sont considérablement améliorées et la coopération et les échanges culturels entre les deux Eglises se sont élargis dans les organisations internationales, notamment auprès du Conseil de l’Europe, de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et de l’UNESCO, a-t-il poursuivi. Tout en soulignant que le progrès notoire dans le dialogue entre orthodoxes et catholiques n’a pas résolu la situation non réglée dans les régions d’Ukraine occidentale.
La résurgence, à la chute du communisme, de l’Eglise gréco-catholique qui avait été intégrée de force dans l’Eglise orthodoxe russe, a créé des conflits qui ne sont pas encore tout à fait apaisés, notamment en ce qui concerne le sort des églises qui avaient été alors confisquées aux gréco-catholiques et confiées aux orthodoxes. «C’est l’aspect le plus pénible dans nos relations. Il y a cependant toutes les raisons d’espérer que ces problèmes seront résolus; le Vatican fait montre d’une plus grande compréhension aujourd’hui envers la position du Patriarcat de Moscou», estime encore le Père Dimitry. (apic/interfax/be)



