Rome: Le Saint-Siège publiera le rapport de son enquête sur les religieuses des Etats-Unis

Les religieuses font l’objet de deux enquêtes depuis plusieurs mois

Rome, 4 novembre 2009 (Apic) Le Saint-Siège a annoncé le 3 novembre 2009 que le rapport final de la visite apostolique actuellement en cours sur la vie religieuse féminine aux Etats-Unis serait rendu public et pourrait ensuite donner lieu à «un plan d’action» de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.

Selon le cardinal Franc Rodé, préfet de ce dicastère, ce rapport devrait fournir «de nombreuses informations» sur la vie des religieuses aux Etats-Unis.

Depuis plusieurs mois, les religieuses des Etats-Unis font l’objet de 2 enquêtes diligentées par le Vatican, l’une lancée par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique et l’autre par la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Dans une déclaration en anglais publiée le 3 novembre 2009 par le Bureau de presse du Saint-Siège, le cardinal Rodé a ainsi annoncé que le rapport de la visite apostolique actuellement en cours serait rendu public et «devrait fournir des informations importantes concernant les futures tendances de la vie religieuse aux Etats-Unis».

Le chef de dicastère a alors souhaité que «cette visite apostolique fournisse au Saint-Siège une analyse approfondie de la condition de la vie religieuse aux Etats-Unis» et qu’elle soit une véritable occasion d’effectuer «une introspection personnelle et communautaire, du fait de la participation des supérieures majeures et des sœurs à cette étude». Plus encore, aux yeux du cardinal Rodé, «l’étude des défis auxquels sont confrontées les religieuses et leurs congrégations pourrait être bénéfique à l’Eglise tout entière».

«Le Saint-Siège a pour habitude de mener une visite apostolique ad inquirendum, c’est-à-dire étudiée et rapportée, a ajouté le haut prélat, c’est pourquoi le dicastère ne formulera ses conclusions et son plan d’action – s’il devait y en avoir un – que lorsque le rapport final du visiteur aura été évalué».

Le prélat s’est en outre félicité des efforts accomplis jusqu’à présent «pour identifier les signes d’espoirs, mais aussi d’inquiétudes, au sein des congrégations religieuses des Etats-Unis, qui peuvent aussi avoir des répercussions ailleurs dans le monde».

Dans sa déclaration, le préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique a par ailleurs indiqué avoir apporté ces précisions après avoir lu de nombreux articles dans la presse et «reçu plusieurs demandes de renseignements».

Double enquête

La première des 2 enquêtes vaticanes, lancée en décembre 2008 par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, consiste en une visite apostolique confiée à Mère Mary Clare Millea, supérieure générale des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus. Selon le cardinal Rodé, «cette visite apostolique souhaite encourager les vocations et assurer un meilleur avenir aux religieuses».

Concrètement, cette visite vise à évaluer la qualité de vie dans les instituts féminins de vie apostolique (les contemplatives ne sont pas visées). Il s’agit de vérifier leur fidélité à la doctrine catholique et leur adéquation à la vie consacrée voulue par le Concile Vatican II (1962-1965).

A ce sujet, le cardinal Rodé s’est réjoui que «plus des trois quarts des supérieures générales aient directement fait part de leurs souhaits et de leurs inquiétudes» à Mère Mary Clare Millea.

Début août, les supérieures ont reçu un Instrumentum laboris (instrument de travail) comportant un questionnaire sur la gouvernance, le recrutement, la formation, les apostolats, les finances de leur congrégation, mais aussi sur la gestion de sœurs désobéissant au dogme ou à la règle. Leurs réponses serviront de matériel pour le rapport final dont l’élaboration a été confiée au Centre de recherche appliquée de l’Université américaine de Georgetown.

La seconde enquête, lancée en février dernier et confiée à Mgr Leonard Blair, évêque de Toledo, dans l’Etat de l’Ohio (Etats-Unis), émane de la Congrégation pour la doctrine de la foi – dont le préfet est un Américain, le cardinal William Levada. Il s’agit d’évaluer les positions doctrinales affichées par la Leadership conference of women religious (LCWR), l’équivalent américain de l’ancienne Conférence des supérieures majeures de France, sur certains sujets sensibles, comme l’exclusivité du sacerdoce masculin, l’unicité du salut par Jésus-Christ et par l’Église ou encore l’homosexualité.

En 2001, les dirigeantes de la LCWR avaient été convoquées à Rome par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le préfet de l’époque, le cardinal Joseph Ratzinger, leur avait demandé de «promouvoir la réception de l’enseignement de l’Eglise», particulièrement dans 3 domaines : la question de l’ordination des femmes, la déclaration Dominus Jesus sur les religions non chrétiennes et le problème de l’homosexualité.

En décembre 2007, après de nouvelles ordinations sacerdotales de femmes, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait décrété que toute personne ordonnant prêtre une femme, ainsi que cette femme, étaient automatiquement excommuniés. En mai 2008, la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, a publié une instruction, Faciem tuam Domine, consacrée à l’autorité et à l’obéissance dans la vie religieuse. (apic/imedia/cp/pr)

4 novembre 2009 | 09:26
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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