Pays-Bas: Réunion de hauts responsables religieux sur le sida
Les religions ont le devoir de rendre des comptes dans la lutte contre le VIH
Utrecht, 4 avril 2010 (Apic) Les religions ont le devoir de rendre des comptes dans la lutte contre le sida, a estimé un responsable d’une importante agence de financement, selon qui les communautés religieuses ont un rôle crucial à jouer dans la lutte contre la pandémie.
Christoph Benn, directeur des relations extérieures et des partenariats au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a déclaré que les relations entre les principales agences internationales de financement et les communautés religieuses avaient une «histoire ambivalente». Les Eglises, a-t-il, dit, doivent cependant se conformer aux normes internationales en matière de responsabilité financière lorsque elles sont utilisées comme vecteurs pour la distribution de fonds.
D’un côté, les bailleurs de fonds considèrent que le rôle des religions est «absolument essentiel», a expliqué Christoph Benn, cité par l’Agence œcuménique ENI. «Nous voulons travailler avec vous et transmettre des fonds par votre biais, sinon nous sommes incapables de faire des progrès contre le sida et d’autres maladies.»
Il souligne que l’une des difficultés du travail avec les communautés religieuses se manifeste dans l’obligation de rendre des comptes. «Vous avez certainement l’habitude de rendre des comptes à une autorité suprême», a déclaré Christoph Benn aux responsables religieux, mais il a ajouté que, pour les partenaires financiers, «les comptes à rendre concernent de l’argent».
Il y a 15 ans, Christoph Benn, médecin luthérien allemand, était à la tête du comité qui a élaboré la première déclaration de principe du Conseil œcuménique des Eglises sur le VIH et le SIDA. Il tenait récemment ses propos lors d’une réunion de hauts responsables religieux organisée les 22 et 23 mars à Den Dolder, près d’Utrecht, aux Pays-Bas.
Le responsable du Fonds mondial a reconnu que les procédures de l’organisation sont perçues comme étant «trop complexes et quelque peu pesantes». Concernant les communautés religieuses, a-t-il déclaré, «étant donné que nous voulons travailler avec vous, la difficulté qui se pose à nous, c’est de voir comment nous pouvons améliorer cela et comment nous pouvons mettre en valeur le potentiel au sein de vos propres communautés pour traiter la question de la responsabilité financière.»
Organisée sous l’égide de l’Alliance œcuménique «agir ensemble», basée à Genève, et l’agence catholique néerlandaise Cordaid, la réunion de Den Dolder a été désignée comme «le tout premier sommet religieux sur le VIH». Elle a rassemblé une quarantaine de responsables baha’is, bouddhistes, chrétiens, hindous, juifs, musulmans et sikhs.
Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises, a mis en évidence l’obligation de rendre compte de l’action menée pour lutter contre la pandémie du VIH. «Le VIH est une question de relations humaines, une question de responsabilité à assumer», a-t-il dit. Ecouter les personnes «qui sont vulnérables, voire stigmatisées» est le meilleur moyen d’»apprendre ce que signifie la responsabilité devant le Créateur de tous les êtres humains», a ajouté le pasteur Tveit.
Les directeurs exécutifs de deux agences onusiennes – le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) – étaient aussi présents au sommet. L’ambassadrice pour le SIDA des Pays-Bas et son homologue suédois ainsi que des représentants de réseaux de personnes vivant avec le VIH et d’organisations engagées dans la lutte contre le SIDA figuraient également parmi les participants.
Après deux journées intensives, lors desquelles environ 25 personnes ont fait des interventions, les responsables religieux ont signé un «engagement personnel à l’action», dans lequel ils promettent d’exercer «un leadership plus fort, plus visible et pratique» pour lutter contre la pandémie de VIH.
Ils se sont également engagés à œuvrer «sans relâche pour en finir avec toutes les formes de stigmatisation, tant dans les attitudes que dans les actes, jusqu’à ce que les personnes vivant avec le VIH soient pleinement intégrées dans nos communautés religieuses et nos sociétés». Les signataires ont entrepris d’établir des rapports tous les 18 mois jusqu’en 2015, sur le travail qu’ils ont accompli pour tenir leur promesse.
Dans une déclaration séparée, les participants ont demandé l’»accès universel à la prévention du VIH, ainsi qu’au traitement, à l’assistance et au soutien des personnes touchées». Les personnes impliquées dans le travail de défense des causes pour combattre le VIH et le SIDA parlent dans ce contexte d’»accès universel».



