Rome: Les valeurs doivent primer sur les intérêts de l’argent, selon le premier ministre italien

Les remèdes de Mario Monti contre la crise

Rome, 18 janvier 2012 (Apic) Dans une interview exclusive accordée à Radio Vatican, le 17 janvier 2012, le président du Conseil des ministres italien, Mario Monti, a estimé que la crise économique en Europe pouvait être dépassée «en hissant le drapeau des valeurs au dessus des intérêts de l’argent». Le chef du gouvernement a aussi mis en garde contre la tentation d’abandonner l’euro.

«Aujourd’hui, renoncer à l’euro voudrait dire laisser les plus faibles et les plus pauvres dans l’incertitude. L’euro reste un instrument qui influe énormément sur la vie des gens, mais il n’est pas le but de l’action communautaire, qui reste le bien commun», a expliqué Mario Monti sur les ondes de la radio du pape. Selon lui, la crise sera dépassée en hissant le «drapeau des valeurs au dessus des intérêts de l’argent».

La «cohabitation civile» fait partie de ces valeurs. «Si les citoyens ont le droit de demander des conduites transparentes et crédibles de la part de leurs gouvernants, l’antipolitique et l’antiparlementarisme provoquent des dommages qui peuvent se révéler dangereux avec le temps», a-t-il averti.

En outre, Mario Monti a mis en garde contre «le risque grave» que l’euro ne se transforme en «facteur de désintégration». «Penser que la crise est due à l’euro, a-t-il ajouté, est non seulement une erreur économique mais aussi un prétexte ou, pire, une tentative de décharger sur l’Europe d’autres problèmes».

L’enseignement du pape

Quelques jours après sa première rencontre avec Benoît XVI, le 14 janvier au Vatican, ce catholique pratiquant a cité en exemple l’enseignement du pape, et notamment l’un des premiers discours qu’il avait prononcés au début de son pontificat, en 2005. Reprenant la métaphore du pasteur qui ne doit pas abandonner ses brebis dans l’adversité, Mario Monti a appelé les citoyens et les institutions à ne pas répondre à la crise en fuyant «comme s’ils faisaient face aux loups, mais en restant solidement unis».

Le premier ministre italien, qui s’est dit ému par sa rencontre avec Benoît XVI, a fait siens les mots du pape selon lequel «la distinction entre le domaine politique et le domaine religieux servait à préserver la liberté religieuse et à reconnaître la responsabilité de l’Etat envers les citoyens». (apic/imedia/cp/ami/nd)

18 janvier 2012 | 15:01
par webmaster@kath.ch
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