Fischer de la Conférence des Eglises européennes (KEK), le pasteur Ishmael

Les secrétaires généraux de quatre organisations oecuméniques – M. Jean

Noko de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), le pasteur Milan

Opocensky de l’Alliance réformé mondiale (ARM) et le pasteur Konrad Raiser

du Conseil oecuménique des Eglises (COE) – ont publié la déclaration

commune suivante:

*La Journée internationale des Nations Unies pour l’élimination de la

discrimination raciale, le 21 mars, particulièrement en cette Année

européenne contre le racisme, vient à point pour nous rappeler le racisme

qui existe en Europe et dans nos Eglises. En tant que hauts responsables

d’organismes oecuméniques qui comptent des Eglises européennes parmi leurs

membres, nous joignons nos voix aux voix de ceux qui combattent le fléau du

racisme et ses manifestations dangereuses et inhumaines.

Le fait que ce fléau continue d’exister est un affront fait au ministère de

Jésus Christ qui a été accompli pour réconcilier tous les êtres humains

avec Dieu et les uns avec les autres.

C’est avec une vive appréhension que nous voyons des personnes et des

partis politiques accepter de plus en plus facilement les organisations qui

prônent des conceptions racistes.

L’aggravation de la crise économique et la montée du chômage dans de

nombreux pays ont un effet particulièrement préjudiciable pour les secteurs

déjà exclus de la société, intensifiant la discrimination raciale ou

culturelle qúils subissent déjà. C’est vrai tout spécialement de toutes les

femmes qui supportent le double fardeau de la discrimination raciale et

sexuelle.

Dans toute l’Europe, les immigrés et les réfugiés deviennent des boucs

émissaires et sont rendus responsables du chômage, de la délinquance et de

quantité d’autres problèmes. A cause de l’adoption par les gouvernements et

par d’autres groupes du terme *immigrés clandestins*, es gens se voient

refuser le respect de leurs droits les plus élémentaires et même du droit

d’exister. Les sans-papiers, même s’ils vivent en Europe depuis des années,

sont aujourd’hui en butte à des actes de racisme. Ces actes de violence

restent souvent impunis.

Pour affirmer l’engagement des Eglises à défendre la dignité et les droits

de tous les réfugiés et de tous les immigrés, l’année 1997 a été désignée

Année oecuménique de la solidarité des Eglises avec les personnes

déracinées en Europe et dans le reste du monde.

Mais ce n’est pas seulement le racisme qui frappe les immigrés qui nous

inquiète. Beaucoup de personnes nées en Europe de mariages mixtes sont

aussi l’objet de discriminations en raison de la couleur de leur peau; des

groupes minoritaires comme les Roma/Sinti souffrent également de cette

situation.

Nous constatons avec une vive préoccupation que le spectre de

l’antisémitisme ressurgit et vient à nouveau hanter l’Europe sous de

multiples. Ce phénomène met en évidence une réticence inquiétante à faire

face au passé en toute franchise et dans un esprit de repentance. Il est

essentiel pour nous, chrétiens, de nous opposer activement aux actes et aux

discours antisémites, d’ou qúils viennent.

Il est encourageant de voir des militants de partis politiques et

d’organismes humanitaires lancer des appels à la justice et à la compassion

et nous souhaitons nous joindre à eux. Il y a aussi un grand nombre de

paroisses et d’Eglises qui ont pris position clairement sur ces questions

et ont fait preuve d’un très grand courage dans leurs actes de solidarité

avec les victimes du racisme et de la xénophobie.

Mais malgré les initiatives prises par la communauté internationale au

cours des deux décennies que les Nations Unies ont consacrées à la lutte

contre le racisme et la discrimination raciale, ce phénomène semble aussi

omniprésent et aussi diversifié que jamais. Il nous faut donc renouveler

notre engagement à lutter contre le racisme et redoubler d’efforts dans ce

domaine. C’est pourquoi nous nous félicitons de la Semaine européenne

d’action contre le racisme et lui apportons tout notre appui.

Nous prions instamment nos Eglises membres et leurs communautés d’examiner

la question de savoir si, même à leur insu, nos Eglises ne contribuent pas

à des politiques locales ou nationales discriminatoires.*

19 mars 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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