Tuvalu: Un pasteur déçu par le Sommet de Copenhague

Les soucis de survie d’un des plus petits pays au monde pas pris en compte

Funafuti, 4 février 2010 (Apic) Le pasteur Tofiga Falani, président de l’Eglise chrétienne de Tuvalu, estime que le Sommet de Copenhague n’a pas du tout répondu aux questions essentielles relatives aux changements climatiques dont sont pays insulaire est victime.

Pour le responsable religieux, la principale préoccupation de son pays a été jusqu’à maintenant le risque de la montée du niveau de la mer. Mais aujourd’hui, Tuvalu se trouve confronté à une sécheresse, qu’il ne saurait expliquer.

Il a déclaré à l’agence de presse ENI que quelques semaines sans précipitations suffisaient pour que la situation soit considérée comme grave par les 26’000 habitants de cet archipel corallien constitué de neuf îles, situé à environ 1600 km de Fidji.

Etant donné que les îles sont généralement arrosées par des tempêtes tropicales pendant la journée, permettant ainsi de remplir les réservoirs, les puits et les étangs pour approvisionner toute la population en eau, si quelques semaines se passent sans pluies, le pays est en crise.

Impuissance des habitants et insatisfaction face au Sommet de Copenhague

Pour le pasteur Falani et les habitants de Tuvalu, tout cela fait partie d’un même ensemble: ses concitoyens sont victimes de changements climatiques qu’ils n’ont pas créés et contre lesquels ils ne peuvent rien. De plus, la conférence sur le climat des Nations Unies organisée en décembre à Copenhague fut une expérience difficile et décourageante.

« Qu’il s’agisse du manque de pluie ou de la montée des eaux, nous sommes vulnérables », a déclaré le pasteur Falani au correspondant d’ENI depuis la capitale de Tuvalu, Funafuti. « Nous sommes en première ligne de cette lutte pour notre survie même et le monde nous a déçus par son manque d’action à Copenhague. Nous sommes tellement déçus. »

Tuvalu est l’un des pays du monde les plus menacés par la montée du niveau de la mer: le point culminant de l’archipel se situe à 4,5 mètres au-dessus des eaux, mais la plupart des îles ne dépassent pas le mètre en altitude.

Les marées géantes submergent déjà les atolls et les eaux souterraines connaissent une augmentation du niveau de salinité, d’où les inquiétudes quant au manque de pluie.

Près de 95% de la population est membre de l’Eglise du pasteur Fulani, l’Ekalesia Kelisiano Tuvalu. Lorsqu’il s’exprime, il le fait en ayant connaissance des sentiments de son peuple.

En tant que membre de la délégation du Conseil œcuménique des Eglises à Copenhague, il a déclaré avoir bénéficié d’une position privilégiée pour observer le débat.

« Nous nous sentons trahis par Copenhague … Nous espérions que le monde nous entendrait … mais il ne nous a même pas écoutés. Lorsque nous parlions, nous restions polis. On nous demandait de parler, mais quand bien même nous le faisions, nous découvrions que d’autres personnes agissaient et rédigeaient des documents contre nous. »

Il a affirmé que « cela a été comme trente deniers pour nous, une trahison, tout comme Jésus a été trahi dans les Evangiles. »

Il n’est toutefois ni amer, ni désespéré. Il est conscient des enjeux de la politique internationale, mais il choisit de regarder vers l’avenir: « Nous crions toujours aussi fort que possible pour que le monde nous entende et prenne en main ce problème de changements climatiques. »

Tuvalu est, avec ses 26 km2 de terres émergées, le quatrième pays le plus petit au monde, derrière le Vatican (0,44 km2), Monaco (1,95 km2) et Nauru (21 km2). (apic/eni/js)

4 février 2010 | 16:26
par webmaster@kath.ch
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