Libye: Des islamistes détruisent un mausolée soufi du XVe siècle
Les soufis pris pour cibles par les salafistes
Tripoli, 29 mars 2013 (Apic) Des musulmans radicaux ont fait exploser le 28 mars 2013, à Tajura près de la capitale libyenne Tripoli, le tombeau de Sidi Mohamed Landoulsi, un saint musulman soufi du XVe siècle. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, les extrémistes libyens, notamment les salafistes, s’attaquent régulièrement au symbole du soufisme, un mouvement mystique de l’islam chiite.
Le mausolée était classé comme monument national et protégé par une loi spéciale, rapporte l’agence d’information catholique «AsiaNews». Cet acte est le plus grave perpétré contre les symboles soufis en Libye depuis août 2012. Des musulmans radicaux salafistes avaient alors détruit au bulldozer un groupe de tombes soufies dans le centre de Tripoli.
Selon l’agence catholique italienne, les islamistes exploitent l’ignorance de la population qui considère que les sanctuaires soufis sont des lieux de sorcellerie. Il apparaît que les salafistes sont de mieux en mieux acceptés par la population libyenne. Ce qui a pour résultat un climat croissant de discrimination à l’encontre de la minorité soufie. Pour autant, «beaucoup de gens ont condamné la destruction du mausolée de Landoulsi», affirme Sadat al-Badri, le chef du conseil local de Tripoli. Pour la première fois, ils se sont élevés contre les extrémistes, explique-t-il, qualifiant leur acte de «contraire à l’islam».
La Libye, un refuge pour les islamistes
Deux ans après la mort de Mouammar Kadhafi, le pays est toujours privé d’un gouvernement stable, capable d’assurer la sécurité et le contrôle des frontières. La Libye est donc devenue une sorte de refuge pour les milices radicales en provenance d’Algérie ou du Mali. Depuis le mois d’août dernier, les islamistes ont détruit 70 mosquées et sanctuaires appartenant à la minorité soufie. Cette communauté chiite est considérée comme hérétique par la majorité sunnite du pays. Outre les édifices religieux, des centaines de tombes, plusieurs librairies non musulmanes, ainsi que des centres culturels ont été détruits par les groupes extrémistes. (apic/asian/rz)



