Rapport d’un évêque américain après son voyage en Chine

Les sous-titres sont de la réaction.

Optimiste sur l’avenir de la liberté religieuse

Newack, 23 mars 1998 (APIC) Mgr Theodore McCarrick, archevêque de Newark (Etats-Unis), et président de la commission pour la politique internationale de la Conférence épiscopale américaine, demande aux autorités de Pékin de faire cesser l’obligation d’enregistrer les religions auprès de l’Etat. De retour d’un récent voyage en Chine, il se dit pourtant optimiste sur les progrès futurs de la foi chrétienne et de la liberté religieuse dans ce pays.

Mgr McCarrick, membre la commission spéciale sur la liberté religieuse du Département d’Etat des Etats-Unis, vient d’effectuer un voyage de trois semaines en Chine avec d’autres représentants religieux américains. Une réponse à l’invitation de Jiang Zemin, président de la République chinoise, qui lors de sa visite à New-York en octobre dernier, avait suggéré au président Bill Clinton l’organisation d’un voyage de représentants du christianisme et du judaïsme dans son pays «pour qu’ils se rendent compte de la situation religieuse sur place».

Le rabbin Arthur Schneider, le pasteur Donald Argue et Mgr McCarrick ont présenté le rapport officiel de leur voyage en Chine la semaine dernière à New-York. Mgr McCarrick a également répondu aux questions du quotidien catholique italien «L’Avvenire».

La liberté religieuse viendra

«Tout le monde sait déjà, clarifie d’emblée Mgr McCarrick, que la liberté religieuse est limitée en Chine et qu’il existe des Eglises officielles enregistrées auprès du gouvernement et des Eglises indépendantes dans la clandestinité. Nombre de ces dernières subissent des persécutions». Mais, «la liberté religieuse viendra, ajoute-t-il, parce que les Chinois la veulent».

Le voyage a permis, explique l’évêque américain, de «parler religion» avec les responsables de Pékin et d’entamer un dialogue. «Les autorités chinoises doivent comprendre que lorsque les responsables occidentaux demandent plus de liberté religieuse, il sont sérieux», précise l’évêque. La délégation a réclamé en particulier que cesse l’obligation d’enregistrer les religions auprès de l’Etat: une chose «inacceptable», dit-il. Pourtant, signe positif, le message commence à passer dans les faits: Pékin a accepté de signer la déclaration de l’ONU sur les droits politiques et civils, qui comprend aussi une close favorable à la liberté de culte.

Les divisions des catholiques chinois

C’est cet enregistrement des religions qui est à l’origine de la division des catholiques entre l’Association patriotique et «l’Eglise du silence». Mgr McCarrick est convaincu que l’avenir apportera la «réconciliation» des deux parties de l’Eglise catholique (en tout plus de 8 millions de fidèles selon certaines estimations). Or, le chemin de cette réconciliation passe par «la normalisation des relations avec le Saint-Siège», ajoute Mgr Mc Carrick.

Il a aussi expliqué au journal catholique italien que les relations entre les uns et les autres diffèrent suivant les régions. «En certains endroits, il n’y a aucun contact entre les deux Eglises, alors qu’ailleurs, les évêques se parlent».

La délégation américaine a demandé en outre la libération de 6 évêques sans obtenir de réponse, avoue l’évêque, qui ajoute ne pas avoir cherché à rencontrer des catholiques non connus du gouvernement de façon à ne pas les compromettre. Pour éviter de célébrer la messe dans des églises n’ayant pas de relations avec le Vatican, il a célébré la messe quotidiennement dans sa chambre d’hôtel.

Mgr McCarrick revenait de Rome où il a été reçu par Jean Paul II à qui il a rendu compte de ses impressions et de la teneur des conversations échangées. Le pape désire vivement se rendre en Chine, a encore précisé l’archevêque de Newack. Mais «pour faire des prévisions précises pour l’avenir immédiat, il faudrait connaître les plans de Dieu», commente-t-il, tout en restant optimiste sur les progrès de la foi dans le pays: «Je suis convaincu qu’au cours du prochain millénaire nous verrons un grand réveil de la foi dans cette région». (apic/imed/ba)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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