Péninsule arabique: Le catholicisme en pleine croissance au cœur du monde musulman
Les travailleurs asiatiques forment la nouvelle communauté chrétienne d’Arabie
Riyad, 11 mars 2014 (Apic) Le catholicisme dans le monde musulman est caractérisé par une double tendance paradoxale. S’il est vrai que les catholiques, et en général les chrétiens, sont en diminution dans des pays comme la Syrie ou l’Irak, où ils subissent des persécutions, leur nombre augmente fortement au cœur du monde musulman, dans la Péninsule arabique. La prospérité économique y attire des masses de travailleurs philippins, indiens ou encore coréens.
La population catholique de la Péninsule arabique est actuellement estimée à 2,5 millions sur près de 80 millions d’habitants, rapporte le 8 mars 2014 le quotidien américain «The Boston Globe». Le Koweït et le Qatar abritent entre 350’000 et 400’000 catholiques. Aux Emirats arabes Unis, les catholiques représentent 7% de la population. En Arabie saoudite, résident 1,5 million de catholiques, parmi 28 millions d’habitants.
Malgré le triple handicap d’être pauvres, de n’avoir aucun droit civil et d’appartenir à une minorité religieuse souvent regardée avec suspicion, les catholiques d’Arabie tentent d’y faire vivre leur foi, et avec parfois des résultats surprenants.
C’est ainsi que le roi du petit Etat de Bahreïn, où vivent 140’000 catholiques, a récemment accepté d’offrir un terrain destiné à la construction d’une église, «Notre Dame d’Arabie», qui doit servir de cathédrale pour le vicariat d’Arabie du Nord. Actuellement, les fidèles qui veulent assister à une messe doivent aller dans une ambassade occidentale, pratiquer chez eux ou dans l’enceinte d’une compagnie pétrolière étrangère.
Une église discrète
Mgr Camillo Ballin, vicaire apostolique d’Arabie du Nord, a la charge de cette petite communauté. Pour le prélat italien, la décision de Bahreïn est «un bon signe de dialogue qui devrait être imité par les autres pays». Il relève pourtant que l’érection d’une église dans la région peut être problématique, soulignant que pour ménager les sensibilités islamiques, l’édifice n’arborera pas de croix ou de signe quelconque de son identité chrétienne.
Mgr Ballin indique que les gouvernements de la Péninsule n’essayent pas de convertir les gens ou d’imposer l’islam, mais que les pressions viennent principalement des individus et des mouvements radicaux. Il relève que même si certains Etats du Golfe persique peuvent être accommodants, l’Arabie saoudite reste inflexible sur l’existence d’églises sur son territoire. Pour les musulmans, le pays entier est une mosquée, et ériger une église dans une mosquée est impensable, explique Mgr Ballin. Sans commenter ces principes, le prélat italien juge que le jour où une église sera construite sur le sol saoudien sera «un moment glorieux pour le pays et pour le monde». (apic/bg/arch/rz)



