Belgique: L'Eglise catholique tire un premier bilan des abus sexuels commis en son sein
Les victimes, principalement masculines, étaient mineures au moment des faits
Bruxelles, 16 mai 2013 (Apic) Un an après la mise en place de ses dix points de contact, l’Eglise catholique de Belgique tire un premier bilan sur les victimes d’abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale. Il en ressort que 307 victimes, principalement des hommes, mineurs au moment des faits, ont choisi de dénoncer, par le biais de ces points de contact, les abus subis, rapporte le 16 mai 2013 InfoCatho.be, le site officiel de l’Eglise catholique belge. Dans 40% des cas, une compensation financière a été reconnue à la victime.
Parallèlement à la mise en place du Centre d’arbitrage, les diocèses et les congrégations religieuses de Belgique ont créé dix points de contact (un par diocèse + 2 pour les congrégations et ordres religieux) pour accueillir au mieux les victimes d’abus sexuel commis dans une relation pastorale. Ces points de contact sont aussi destinés à recueillir le témoignage des personnes qui auraient connaissance ou un doute raisonnable à propos de tel fait. Opérationnels depuis le 1er janvier 2012, ces points de contact se sont voulus les plus accessibles possibles tout en préservant la confidentialité et la sécurité des dossiers qu’ils ont eu à traiter.
Après un an de fonctionnement, et même si près d’un tiers des dossiers enregistrés n’ont pas été entièrement traités, les évêques et les supérieurs majeurs ont communiqué leur premier rapport concernant l’activité de ces points.
Il en ressort que 307 dossiers ont été reçus par ces points de contact et que parmi eux, 46 ont été renvoyés à l’arbitrage. Sachant que le centre d’arbitrage a reçu 621 plaintes, le nombre total des victimes qui se sont manifestées est donc de 872.
Des statistiques semblables au Centre d’arbitrage
Les chiffres donnés par ces points de contact corroborent, à quelques points près, les statistiques du Centre d’arbitrage: Ces plaintes émanent essentiellement de la région néerlandophone (76%) et les victimes sont principalement masculines (76%) et âgées de plus de 40 ans (à 83%). Et ce sont en très grande majorité les victimes qui ont effectué elles-mêmes les démarches.
Elles étaient quasiment toutes mineures lorsque les faits se sont produits. Faits qui remontent à plus de 30 ans dans 84% des cas et qu’il est dès lors difficile de reconstituer. Néanmoins, les responsables de ces points de contact sont partis du point de vue qu’il n’y avait pas vraiment lieu de mettre en doute la crédibilité des victimes. Reste qu’il y a quand même eu quelques cas d’affabulateurs dont les récits incohérents ont fait naître des soupçons.
97% des abuseurs étaient des hommes: des prêtres (48%), des religieux (31%) ou des frères (11%). Et les faits se sont le plus souvent produits à l’école (45%) ou en paroisse (24%).
Quasiment la moitié de ces faits constituent des attentats à la pudeur avec violence ou menace. Mais ces points de contacts ont aussi enregistré 13 cas de viol exceptionnellement graves alors que le Centre d’arbitrage n’a pas encore eu connaissance de tels dossiers.
Les demandes des victimes
Que demandent les victimes qui se sont adressées aux points de contact ? Les trois attentes les plus fréquentes sont la conciliation avec le responsable de l’instance à laquelle l’abuseur décédé appartenait au moment des faits, la rencontre avec le responsable de l’abuseur et la reconnaissance de l’état de victime sous forme d’un simple entretien. Peu de plaignants (seulement 3) ont souhaité rencontrer leur abuseur. Il est vrai que dans 82% des cas, celui-ci était soit déjà mort, soit très âgé ou bien encore les faits étaient difficiles à vérifier.
26 dossiers envoyés à la justice
Dans 40% des dossiers, une compensation financière a été reconnue à la victime. Ce n’est pas l’aspect principal de la guérison, mais cela fait partie d’un ensemble d’éléments qui contribuent à la reconnaissance de l’état de victime. Pour la plupart des 90 dossiers qui ont donné lieu à cette indemnité, la fourchette se situe entre 2500 et 10’000 euros. Mais neuf cas ont entraîné une réparation entre 20’000 et 25’000 euros. C’est la fondation Dignity qui paie ces montants, à charge pour elle de récupérer les sommes auprès des diocèses ou des congrégations religieuses. A noter également que 26 dossiers ont été communiqués à la justice, les faits n’étant pas prescrits.(apic/com/cw)



