L’oecuménisme et l’unité des Eglises: un gage de paix pour l’avenir du pays

Lettonie: seconde étape du pape dans les pays baltes (080993)

Riga, 8septembre(APIC) Le pape Jean Paul II a été accueilli mercredi peu

avant 10 heures à l’aéroport de Riga, en Lettonie, pour entamer la seconde

et avant dernière étape de son voyage dans les pays baltes. Plusieurs milliers de personnes ont salué le chef de l’Eglise catholique tout au long du

parcours de l’aéroport àu centre-ville. Dans un discours prononcé peu après

son arrivée, le pape a encouragé les contacts oecuméniques dans le pays et

souhaité une pleine unité des Eglises. La visite de Jean Paul II en Lettonie est programmée sur deux jours.

La journée du pape avait débuté par une brève cérémonie d’adieu à l’aéroport de Vilnius, en présence du président Brazauskas, du cardinal Sladkevicius, de Mgr Backys et d’autres personnalités civiles et religieuses. Cérémonie au cours de laquelle il a insisté sur l’enseignement social de

l’Eglise qui, avec ses exigences pour la promotion de la solidarité, du développement et des droits de l’homme, représente un apport essentiel à la

construction d’une société vraiment libre et solidaire. «L’Eglise lituanienne a besoin d’une mise à jour continuelle, surtout pour assimiler de

façon adéquate les doctrines et les orientations de Vatican II».

Jean Paul II a en outre exprimé l’espoir de voir la Lituanie – majoritairement catholique – parvenir à un progrès social conforme à la dignité

de l’homme et basé sur les principes de l’Evangile. «L’héritage de foi de

la Lituanie ne doit pas rester enfermé dans des ghettos idéologiques, sociaux et culturels». Pour Jean Paul II, 50 ans d’athéisme et de silence forcé

dans la prédication de l’Evangile ont laissé des traces dans la société.

Celles-ci ne s’effaceront qu’avec la redécouverte de Dieu dans le domaine

personnel et social. Il a noté qu’un premier pas dans cette direction a été

accompli par la loi sur la liberté religieuse de 1989.

A propos des priorités pour l’Eglise locale, le pape a signalé une catéchèse appropriée pour les jeunes et les adultes qui ont dû renoncer pendant

longtemps à l’enseignement de l’Eglise. Ainsi qu’une formation adaptée pour

les prêtres et les travailleurs pastoraux dans le but de mettre en oeuvre

l’enseignement du Concile Vatican II.

Dépasser la méfiance et la haine

Dès son arrivée en Lettonie, le pape, salué par le président de la République et par les autorités civiles et religieuses, a dit sa satisfaction

de se trouver «dans une terre qui, après bien des épreuves, cherche avec

anxiété la paix». Il a en outre mis l’accent sur l’oecuménisme et l’unité

des Eglises dans le pays, avant d’appeler à dépasser la méfiance et la haine du passé pour tisser des relations et des liens de confiance entre les

citoyens du pays et les autres peuples, en faisant allusion à la Russie.

Pour surmonter les problèmes actuels de la Lettonie, comme le passage d’un

système économique et social à un autre, la cohabitation de diverses cultures sur le même sol, les changements démographiques profonds où l’ouverture

à d’autres peuples, a déclaré le pape, la foi chrétienne, avec son message

d’espérance et d’amour offre des lignes directrices.

Le pape s’est ensuite brièvement arrêté à la cathédrale catholique de

Riga, où il a prononcé en latin le décret de reconnaissance du culte rendu

à saint Meinhard, premier missionnaire chrétien dans la région mort en

1196. Moine augustin originaire d’Allemagne du nord, saint Meinhard est arrivé en Lettonie en 1184. Il fut créé évêque deux ans plus tard. Au moment

de la christianisation de la Lettonie, il y a huit siècles, «les baptisés

étaient pleinement unis». Le pape a souhaité qu’aujourd’hui saint Meinhard

«guide et soutienne encore le chemin oecuménique des chrétiens de Lettonie

vers une communion renouvelée et qu’il aide à faire face aux problèmes difficiles du moment».

Avec les représentants des diverses Eglises chrétiennes

Après une visite de courtoisie au président de la République Gantis Ulmanis, Jean Paul II a rencontré à l’heure de midi les représentants des diverses Eglises chrétiennes dans la cathédrale luthérienne de la ville. Dans

son discours prononcé devant des représentants luthériens, baptistes et orthodoxes russes, le pape, qui a souligné la dimension oecuménique de sa visite, a rappelé que «l’adoration et la louange sont le premier devoir commun des chrétiens, le préalable nécessaire de cet oecuménisme que nous voulons promouvoir. Et de relever: «Le monde est actuellement toujours plus

sensible aux valeurs de l’unité, de l’interdépendance, de la solidarité et

de la paix. Aux convergences ambiguës et artificielles créées par les idoles mondaines qui tentent de subjuger l’homme par l’argent, le plaisir, la

force et le pouvoir, les Eglises, a-t-il dit, «sont appelées à offrir au

monde la seule unité qui sauve vraiment, celle qui vient de l’écoute et de

l’accueil de la Parole du Christ».

A côté des nombreuses contradictions de notre époque, le pape a montré

que l’esprit oecuménique est un aspect positif «qui surmonte des divisions

anciennes, dues souvent à une religiosité liée à des préoccupations d’ordre

plutôt temporel que religieux».

A la veille du IIIe millénaire, a en outre déclaré Jean Paul II, nous

remercions Dieu pour le nouveau printemps oecuménique qui nous concerne

et nous engage tous.

Jean Paul II a encore appelé les représentants des diverses Eglises à un

engagement commun pour un avenir pacifique de la Lettonie. La cathédrale

luthérienne, qui renferme les restes de saint Meinhard, apôtre de la Lettonie, a été transformée en salle de concert en 1959, avant d’être restituée

en 1989.

En fin d’après-midi, Jean Paul II a présidé une concélébration eucharistique au Palais de la Culture. Au cours de la messe, il a appelé au renouveau du pays «après tant d’années de souffrance», en soulignant l’exigence

de renouer avec les anciennes traditions chrétiennes symbolisées par saint

Meinhard. Il a conclut en revenant sur le thème de l’oecuménisme. «L’unité

des disciples du Christ, blessés autrefois par des contingences historiques

qui n’avaient aucun lien avec l’Evangile, est désirée de nouveau par ceux

qui ont souffert ensemble pour la foi». Une fois de plus, a-t-il ajouté,

l’expérience commune des catacombes mène naturellement à la recherche du

partage de l’expérience du cénacle». (apic/cic/cip/pr)

8 septembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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