Rome: Le sort des églises désaffectées au cœur des préoccupations du Vatican
Leur donner une vocation artistique, spirituelle, symbolique
Rome, 26 novembre 2009 (Apic) Afin d’éviter la «solution extrême de la démolition», les évêques doivent tenter de donner à leurs édifices les plus détériorés une destination de nature «artistique, spirituelle, symbolique». C’est l’avis du président de la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise, Mgr Gianfranco Ravasi, qui intervenait le 26 novembre 2009 devant la presse à l’occasion du 20e anniversaire du début de l’activité de ce dicastère créé en 1988 par Jean-Paul II avec la Constitution apostolique Pastor Bonus.
Le haut prélat, à la tête de cette commission du fait de son statut de président du Conseil pontifical de la culture, a essentiellement centré son intervention sur l’Amérique du Nord, où la «situation sociale, liée à la sécularisation», transforme les cathédrales en de simples monuments n’ayant plus une fonction liturgique. Cette situation concerne pourtant aussi les campagnes françaises, où la baisse de la fréquentation des fidèles et la crise des vocations vident les églises de village, qui représentent une lourde charge financière pour les municipalités.
Notant que, aux Etats-Unis et au Canada, ces «œuvres n’appartiennent pas tant à l’histoire de l’art qu’à l’histoire de la culture d’une nation», Mgr Ravasi n’a pas exclu, «dans des cas précis», la démolition, si l’édifice est très endommagé et demande des «interventions irréalisables».
Quoi qu’il en soit, a prévenu le chef de dicastère, cette initiative relève des conférences épiscopales, avec lesquelles «il convient de discuter sur les raisons de la ruine» de certains édifices «avant la solution extrême de la démolition». Les évêques peuvent donner une nouvelle destination à ces «temples», qui ait «une dimension artistique, spirituelle, symbolique» et ne soit pas «complètement éloignée de leur finalité». Et de citer, à titre de contre-exemple, le cas d’une église en Hongrie transformée en une discothèque «où des strip-teases sont exécutés sur l’autel».
Devant la presse, Mgr Ravasi a aussi souligné à quel point «le bien culturel est signe de la vitalité d’une communauté, en particulier une communauté croyante». C’est pourquoi, aux yeux du président du Conseil pontifical de la culture, les cathédrales ne doivent pas devenir des «coquilles vides» où l’on ne célèbre plus de liturgie, «mais où entrent seulement les appareils photos des touristes japonais, qui ne savent même pas à quoi sert un autel». (apic/imedia/cp/js)



