Liban et Palestine: Des organisations chrétiennes demandent la fin de la «violence inouïe»

Sortir enfin de la violence, de la peur et de la haine

Paris, 1er août 2006 (Apic) Face à «violence inouïe» qui frappe avant tout les civils au Liban et en Palestine, plusieurs organisations chrétiennes française ont lancé une pétition demandant que les protagonistes s’engagent sans délai dans des négociations de paix.

Plusieurs associations chrétiennes se sont jointes à l’appel urgent lancé par le Secours Catholique, le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) et le Service oecuménique d’entraide CIMADE sur le site internet: www.appelprocheorient.com. Les associations signataires sont notamment l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Justice et Paix, Pax Christi, MIR (Mouvement international de la réconciliation) et Caritas France.

Les associations chrétiennes appellent à sortir de la violence, de la peur et de la haine et affirment, notamment à l’intention d’Israël, que recourir à la violence pour obtenir la sécurité et la paix est «une illusion et une grave erreur».

La guerre n’ajoute que la violence à la violence

Elles affirment que la guerre n’ajoute que la violence à la violence. Depuis le début de la crise à Gaza et au Liban on compte déjà les morts par centaines, les blessés par milliers, les déplacés par centaines de milliers. A ce bilan tragique, dont les civils sont les principales victimes, il faut ajouter la rancoeur qu’éprouvent les millions de personnes plongées dans les affres de la guerre. «Et le germe de la haine déposé dans le coeur des combattants de demain.», déplorent les associations chrétiennes françaises.

Les signataires de l’appel affirment que le choix de la guerre est rarement la seule option possible. «Dès lors, opter pour la guerre, c’est endosser une lourde responsabilité. Se défendre, résister. sont des justifications recevables. Mais porter la mort et la destruction au coeur de zones densément peuplées de civils, détruire des infrastructures économiques, punir collectivement une population parce qu’un mouvement hostile se trouve sur son territoire, est non seulement une erreur tragique, ce sont autant de crimes de guerre dont sont complices les pays qui soutiennent les forces d’agression».

Ceux qui soutiennent l’agression sont coupables de crimes de guerre

La peur, la haine, le ressentiment minent le Proche-Orient, reconnaissent les signataires, et nombre d’Israéliens vivent dans la peur des attentats, des enlèvements et d’un environnement régional hostile. D’autre part, les Palestiniens sont révoltés contre l’occupation et l’enfermement qu’ils subissent. «Les réfugiés palestiniens vivent dans la souffrance d’un exil forcé et dans des conditions souvent sordides. Les Libanais subissent de plein fouet une offensive brutale et disproportionnée. Mais la violence n’est pas la réponse adéquate. Ni moralement, ni politiquement», insistent-ils.

«Les calculs froids de l’efficacité militaire, le cynisme du rapport de forces, la déshumanisation de l’Autre sont des régressions. Seuls des principes de justice et d’égalité, le respect du droit international peuvent faire progresser le Proche-Orient vers les solutions politiques aux différents conflits qui le déchirent. La reconnaissance entière et sincère des souffrances et des injustices subies par l’Autre est la seule voie pour sortir du cycle de la violence, de la peur et de la haine», écrivent les pétitionnaires.

Les associations signataires estiment que la résolution 1559 de l’ONU peut être le point de départ d’une pacification réelle du Liban. «Mais seul le gouvernement d’un Etat libanais totalement rétabli dans sa souveraineté est en mesure d’obtenir le désarmement du Hezbollah, dans le respect du fragile équilibre de la société libanaise et de l’intégrité de son territoire. Dans le cas de la Palestine, les résolutions 242 sur le retour aux frontières de 1967, et 194 sur le droit au retour des réfugiés, non appliquées par l’Etat israélien, sont les bases d’une paix juste et durable», poursuivent les associations chrétiennes françaises. Qui relèvent que les partenaires palestiniens existent pour une négociation qui reste l’étape obligée d’un règlement du conflit et d’une pacification de l’ensemble du Proche-Orient.

«Les idéologies extrémistes ne trouveront des soutiens dans la population que tant que perdureront des situations inacceptables, tant que l’instinct de guerre l’emportera sur le courage politique et la peur sur la raison». Les signataires appellent l’ensemble des protagonistes à s’engager sans réserve dans un processus de négociation pour un règlement dont les termes juridiques et politiques sont déjà largement élaborés. Ils demandent instamment aux dirigeants français et européens de faire preuve de courage politique et de tout faire pour inciter les uns et les autres à renoncer à la violence et à choisir la voie du droit et de la justice. (apic/com/be)

1 août 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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