Après les raids aériens de l’été par l’armée israélienne

Liban: Etranges blessures constatées par les médecins

Sud Liban, 15 octobre 2006 (Apic) Selon l’agence de presse catholique MISNA, des blessures constatées sur des blessés lors d’attaques aériennes israéliennes sur le Liban sud, pourraient avoir été provoquées par de nouvelles armes.

«En 33 jours de conflit j’ai opéré 116 patients et environ la moitié d’entre eux avaient des blessures que je n’avais jamais vues auparavant et dont encore aujourd’hui nous ne parvenons pas à comprendre l’origine» a déclaré, dans un entretien avec l’agence MISNA, le docteur Faraj Ibrahim, chirurgien à l’hôpital Hirma de Tyr, dans le Sud du Liban.

Ces «étranges blessures» ont été signalées par tous les principaux hôpitaux du Sud du Liban et d’autres zones du pays, frappées par les attaques aériennes des forces armées israéliennes entre juillet et août. La typologie des blessures décrite par le médecin ressemble fort à celle dont parle l’enquête de la chaîne italienne RAINews24 sur Gaza, et qui pourraient avoir été provoquées par un nouveau type d’armes fabriquées avec du tungstène. «Les blessés arrivaient avec des plaies d’explosion, avec des blessures d’éclats dans l’abdomen et dans les jambes. Mais la chose étrange est que l’on voyait bien le trou d’entrée de l’éclat, mais aucun trou de sortie. Nous n’avons jamais pu trouver d’éclats en salle opératoire. Nous avons fait toutes les analyses possibles, y compris aux rayons X, sans jamais trouver d’éclats dans le corps» ajoute le docteur Ibrahim. D’après l’enquête de RAINews 24, la «nouvelle» arme employée à Gaza serait très similaire à l’explosif Dime (Dense inerte metal esplosive), réalisée par l’industrie d’armement américaine et qualifiée sur le site internet d’un laboratoire de l’aéronautique Us de munition «focused lethality» (à «mortalité ciblée»).

Cas de brûlures incompréhensibles

Tous les patients ont raconté au docteur Ibrahim avoir été blessés dans des explosions peu puissantes ; Le médecin a ajouté que des cas de brûlures incompréhensibles ont également été signalés : «quand le patient entrait en salle, sa peau brûlée, noire, se détachait avec une facilité impressionnante. Il émanait aussi une odeur étrange et très forte» dit-il, précisant que des brûlés sont encore à l’hôpital et ne parviennent pas à guérir. Ce témoignage pourrait renforcer l’hypothèse que les forces armées israéliennes ont utilisé des armes au phosphore blanc. Le 26 juillet dernier, l’ancien porte-parole de la force de l’Onu au Liban, Timor Goksel, avait dénoncé qu’Israël avait toujours utilisé les bombes au phosphore, interdites en zone urbaine mais servant à illuminer le champ de bataille.

Selon le site Internet des laboratoires de l’armée de l’air américaine, ce type de projectiles, qui serait au stade expérimental, est constitué d’une enveloppe en carbone avec à l’intérieur un mélange composé notamment de tungstène, métal qui est très conducteur de la chaleur. «Le résultat est beaucoup plus destructeur qu’un explosif normal, est-il indiqué, et l’impact des micro-shrapnels cause un effet similaire mais beaucoup plus puissant que l’onde de choc de la déflagration.» Selon Le Monde du 12 octobre, les journalistes italiens ont fait analyser à l’Université de Parme les particules récupérées sur les victimes. Selon les résultats, il s’agit «d’une grande concentration de carbone et de la présence de matériaux inhabituels comme le tungstène, l’aluminium et le cuivre». Ce qui laisse effectivement supposer qu’il s’agirait du DIME, utilisé à partir de drones ou d’hélicoptères. (apic/misna/ag/vb)

15 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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