Liban: Le cardinal Sfeir convoque l’Assemblée des évêques à une réunion extraordinaire
Il demande l’arrêt de «l’agression contre le Liban»
Beyrouth/St-Jean d’Acre, 11 août 2006 (Apic) Le cardinal Nasrallah Sfeir a demandé vendredi «l’arrêt de l’agression contre le Liban». Le patriarche maronite du Liban a d’autre part convoqué pour mercredi prochain l’Assemblée des évêques à une réunion extraordinaire, consacrée à la grave crise que traverse le pays.
Le patriarche maronite a également demandé aux évêques dont les diocèses ont accueilli des déplacés d’effectuer des tournées dans les centres d’hébergement pour réconforter les familles réfugiées. Le cardinal Sfeir est entré en contact avec de nombreuses personnalités libanaises du monde de l’émigration pour leur demander d’user de leur influence en vue d’obtenir l’arrêt de l’agression contre le Liban.
Le cardinal américain Theodore E. McCarrick dans la tourmente
Le cardinal américain Theodore E. McCarrick, en «visite de solidarité» avec le peuple libanais, a déclaré avoir reçu une «leçon de frustration» durant sa visite à Beyrouth. Après avoir rencontré des responsables politiques et religieux chrétiens, il s’est vu interdire l’accès aux leaders musulmans qu’il devait rencontrer, après que des avions israéliens aient largué des tracts menaçant de nouveaux bombardements.
L’archevêque émérite de Washington a reconnu que les menaces israéliennes étaient terribles: «Les gens ont été avertis qu’ils devaient quitter leurs maisons parce qu’ils allaient bombarder dans les prochaines heures». Commentant sa «visite de solidarité» pour l’agence catholique américaine CNS, il a dit que c’était un signe de solidarité avec les gens qui souffraient mais pas un jugement «sur les réalités politiques qui se passent actuellement».
Tragique situation des civils pris au piège
Le cardinal américain, qui a précisé avoir fait ce même genre de visite dans le passé après des attentats terroristes en Israël, a toutefois reconnu la tragique situation des civils libanais pris au piège. «Dans certains villages totalement cernés», les gens n’ont plus de pain, plus d’eau, plus de médicaments», a déclaré le cardinal à CNS.
Pour sa part, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Elias Audeh, a reçu une délégation du Conseil oecuménique des Eglises, en visite à Beyrouth jusqu’à samedi pour exprimer sa solidarité aux Eglises du Liban, à son peuple et son gouvernement. Emmenée par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France et de la Conférence des Eglises européennes (KEK), de Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours, délégué par la Conférence épiscopale française, et de Marilia Alves-Schüller, représentante du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, la délégation devra également rencontrer le patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, le pasteur Salim Sahyouni, président du Conseil des Eglises protestantes du Liban, ainsi que des représentants du Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO) et des représentants des communautés chiite et sunnite.
En Galilée, des communautés chrétiennes sous le choc
La délégation qui doit se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens, entend plaider pour un «cessez-le-feu immédiat» au Liban, a précisé Jean-Arnold de Clermont. Du côté d’Israël, l’archevêque grec-catholique d’Akko, Elias Chacour, a demandé de l’aide aux Eglises d’Europe pour les chrétiens de Galilée qui subissent les attaques de missiles lancées par le Hezbollah. Près de la moitié des victimes civiles sont des arabes israéliens.
«Plusieurs sont morts et il y a aussi des blessés», a-t-il déclaré, et de nombreux membres de la communauté chrétiennes sont sous le choc. Et le prélat catholique d’origine arabe de rappeler que les «fusées ne font aucune différence entre les chrétiens, les juifs et les musulmans».
De nombreuses familles arabes ont quitté le Nord d’Israël pour trouver refuge auprès de parents à Jérusalem ou à Bethléem, rapporte Mgr Chacour. L’évêque n’a pas encore d’indications sur les familles chrétiennes qui chercheraient à émigrer, mais une telle éventualité n’est plus à exclure, a-t-il souligné.
L’archevêque grec-catholique d’Akko (St-Jacques d’Acre), qui a la nationalité israélienne, a lancé un appel pour que les belligérants mettent fin à la violence. Mgr Elias Chacour ne veut pas mettre la responsabilité sur l’une ou l’autre des parties, qui sont toutes deux prisonnières d’une logique de «violence et de vengeance», «et ce n’est pas ainsi que l’on va solutionner le problème», a-t-il souligné.
Pour Mgr Chacour, le gouvernement israélien doit chercher le dialogue avec son adversaire, «car finalement, l’on fait la paix avec les ennemis, pas avec les amis». Pour le prélat catholique, il est clair que le principe «OEil pour oeil, dent pour dent» n’apporte aucune solution, et les populations de la région en ont déjà assez subi les conséquences. (apic/kipa/orj/haar/be)



