Liban: Le cardinal Sfeir dénonce la «guerre préventive» préconisée par Washington

Contraire à la doctrine catholique et aux Ecritures saintes

Beyrouth, 10 février 2003 (APIC) Le cardinal libanais Nasrallah Sfeir, patriarche maronite d’Antioche, a dénoncé dimanche la «guerre préventive» contre l’Irak préconisée par Washington. Un tel principe est contraire à la doctrine catholique, a-t-il insisté lors d’une messe au siège patriarcal de Bkerké, près de Beyrouth.

Dans une homélie prononcée à l’occasion de la Saint-Maron, fête du père spirituel de la communauté maronite, le chef de l’Eglise maronite a déclaré qu’il n’existe pas de guerre préventive dans les Ecritures. «Une guerre ne devrait avoir lieu qu’en cas d’autodéfense et dans la limite des conditions posées par l’Eglise catholique, qui la rendent quasiment impossible», a-t-il souligné.

Ainsi, a expliqué le patriarche Nasrallah Sfeir, il faut que les dommages occasionnés par l’agresseur à une nation ou à un ensemble de nations soient «énormes, dangereux et concrets» pour justifier une guerre. Il est également nécessaire de prouver que tous les autres moyens pour mettre un terme à ces dommages ne peuvent être appliqués ou ont été inutiles. Le cardinal Sfeir, estimant que la guerre ne résout pas les problèmes «mais les complique», a appelé les fidèles à prier pour que Dieu inspire les responsables du monde «et les aide à trouver des solutions qui sauvent des horreurs de la guerre».

Faisant également allusion aux risques de guerre contre l’Irak, l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, a pour sa part mis en garde contre la tournure que les événements pourraient prendre en se transformant en conflit des civilisations, portant atteinte aux religions et à la dignité de leurs fidèles, rapporte lundi le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour».

Plaidoyer pour une collaboration entre le christianisme et l’islam

L’archevêque maronite de Beyrouth a plaidé pour que l’on donne jusqu’au bout toutes les chances possibles aux solutions politiques de la crise, et que l’on s’assure du bien-fondé de toute mesure internationale avant de la prendre, «parce que l’injustice et l’oppression gratuites provoquent des inimitiés difficiles à effacer.» Le prélat libanais a insisté sur le besoin urgent «d’inculquer la conviction que c’est la collaboration à l’échelle du monde entier entre le christianisme et l’islam qui ouvre la porte à un avenir unifié et une paix véritable. Soulignant le rôle des religions dans la construction de la paix, il a estimé que «la politique à elle seule n’est pas capable de faire face aux crises du monde, ni la force matérielle, ni l’économie.» (apic/orj/be)

10 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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