Liban: Le cardinal Sfeir pourrait renoncer à son voyage aux Etats-Unis

Américains «obnubilés par l’Irak»

Beyrouth, 13 février 2003 (APIC) En raison de l’attitude des Américains «obnubilés par l’Irak», le cardinal libanais Nasrallah Sfeir, chef de l’Eglise maronite, pourrait renoncer à son voyage aux Etats-Unis. Etant donné l’agitation voire le «séisme» que pourrait provoquer dans le monde arabe une attaque américaine contre l’Irak, une telle visite pourrait être mal interprétée.

Se basant sur des «sources informées», le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour» révèle jeudi que le patriarche Sfeir pourrait ne pas se rendre le 7 mars prochain aux Etats-Unis. Il devait consacrer une nouvelle chapelle maronite à Los Angeles, visiter l’importante colonie libanaise de Boston, et se rendre à Washington pour y donner une conférence à l’Université de Georgetown.

Le chef de l’Eglise maronite souhaitait également rencontrer des responsables du Congrès et du gouvernement des Etats-Unis, dont le vice- président Richard Cheney. Le cardinal Sfeir, écrit le quotidien francophone de Beyrouth, estime que son voyage risque de ne pas porter ses fruits, «parce que, de toute évidence, les Américains sont obnubilés par la question d’Irak et pourraient ne pas être suffisamment attentifs au dossier libanais qu’il souhaiterait leur exposer.» En outre, une visite aux Etats- Unis alors qu’ils attaqueraient un pays arabe «pourrait être mal interprétée, voire exploitée d’une façon malveillante».

Des sénateurs membres de l’association «For Lebanon» et certains notables américains d’origine libanaise chargés de préparer la visite du cardinal sont d’avis qu’il faut ajourner cette visite, car «il est tout simplement inutile de parler avec les Américains avant que l’épisode irakien ne soit terminé. (.) Il est clair en effet que l’opération bouleverserait les données régionales, voire locales, sur plus d’un plan. il vaut donc mieux attendre que le nouvel ordre des choses se décante un peu.» Une agression contre l’Irak pourrait avoir par ailleurs un impact très fort au Liban même et complètement bouleverser les rapports de forces locaux. (apic/orj/be)

13 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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