Liban: Le conseil des muftis condamne «l’exploitation outrancière» de l’affaire Khalifé
Mise en garde contre toute atteinte à la religion
Beyrouth, 28 octobre 1999 (APIC) Le Conseil des muftis du Liban a fermement condamné «l’exploitation outrancière» de l’affaire du chanteur Marcel Khalifé, qui comparaîtra le 3 novembre devant la justice libanaise pour avoir osé chanter un verset du Coran ! Pour les responsables musulmans, cette campagne a pour but de «porter préjudice à l’islam».
Selon une «fatwa» émise par le mufti de la République, il est interdit de mettre en chanson, accompagnée de musique, des versets du Coran. Cette «censure obscurantiste» a soulevé une vague d’indignation parmi les milieux intellectuels, artistiques et politiques du Liban, Beyrouth ayant été sacrée cette année «capitale culturelle du monde arabe».
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion du Conseil présidée par le mufti de la République, cheikh Mohammed Rachid Kabbani, les muftis sunnites affirment que «les tentatives de mêler la liberté à cette affaire constituent en réalité une atteinte à cette même libertéé dont l’islam est le précurseur et le gardien».
Une attaque contre le Coran
Le Conseil des muftis du Liban précise que la «fatwa» émise par le mufti de la République cheikh Mohammed Rachid Ragheb Kabbani et le président du Conseil supérieur chiite, l’imam Mohammed Mehdi Chamseddine et interdisant la mise en chansons, accompagnée de musique, de versets du Coran, «est adoptée par tous les oulémas musulmans. Toute initiative contraire à cette fatwa constitue une atteinte à l’islam ainsi qu’une attaque dirigée contre le Coran».
Sus au terrorisme matérialiste
«Cette fatwa, relève le communiqué des muftis publié par le quotidien libanais ’L’Orient-Le Jour’, a été émise afin d’obliger le coupable à corriger sa faute, indépendamment du fait qu’elle soit délibérée ou non». Les muftis libanais déplorent que «certains» aient cherché à exploiter ce sujet de manière outrancière, «dévoilant ainsi leurs intentions malveillantes à l’encontre de l’islam». Pour eux, les tentatives de mêler la question de l liberté à ce sujet constitue une atteinte à cette même liberté «dont l’islam est le précurseur et le gardien: la liberté ne peut, en aucun cas, porter atteinte aux croyances religieuses et être contraire à la vérité».
Les hauts responsables religieux musulmans sunnites du Liban mettent en garde contre toute atteinte à la religion «dans le dessein de terroriser les croyants, car le règne du terrorisme matérialiste et idéologique est bel et bien révolu». (apic/orj/be)




