Coptes catholiques et orthodoxes égyptiens craignent de s’unir

Liban: Le patriarche des coptes-catholiques d’Alexandrie en visite au Liban

Beyrouth, 26 mars 2001 (APIC) Lors de sa visite au Liban chez les Lazaristes, le cardinal Stéphanos II Ghattas, patriarche des coptes-catholiques d’Alexandrie, a laissé entendre que le dialogue œcuménique entre coptes-catholiques et coptes-orthodoxes égyptiens butait sur la peur de chaque communauté de perdre son autonomie, en cas d’union, rapporte la dernière édition de «La Revue du Liban». L’hebdomadaire relève aussi le vibrant hommage pour sa longue mission pastorale de 57 ans rendu au cardinal qui vient de recevoir la pourpre cardinalice. «Pasteur infatigable, Sa Béatitude a gardé la simplicité de Saint-Vincent de Paul».

Le patriarche des coptes-catholiques ne refuse jamais un service pastoral, malgré ses multiples occupations. Son souci des pauvres, à l’exemple de saint Vincent de Paul, l’a poussé à construire des centres d’accueil, des écoles, des évêchés et des églises», affirme le Père Georges Abou-Jaoudé, visiteur provincial des Lazaristes en Orient. La venue du patriarche d’Alexandrie a été aussi l’occasion pour les Pères Lazaristes de fêter ensemble la canonisation d’un autre fils de la famille vincentienne, saint François Régis Clet, martyrisé en Chine le 18 février 1820. Le cardinal Stéphanos II lui a dédié une belle homélie. Car malgré ses 81 ans, le patriarche est toujours alerte, plein d’énergie, ponctuant ses réponses d’une note d’humour tout égyptien.

Les coptes sont les chrétiens d’Egypte

Le patriarche Stéphanos II rappelle que l’Egypte a été christianisée dès l’an 64 de notre ère, par l’évangéliste saint Marc, d’origine libyenne. Saint Marc a prêché à Alexandrie où il est mort. Quant au terme «copte», il provient d’une altération du mot «egyptos» qui veut dire égyptien. Les coptes sont donc les premiers habitants de l’Egypte. Aujourd’hui, le mot copte désigne les chrétiens d’Egypte et ils forment trois groupes religieux: orthodoxes, catholiques et protestants. Les réformés et les évangélistes sont arrivés des Etats-Unis au milieu du siècle passé.

Les coptes formaient, autrefois, une seule communauté, explique Sa Béatitude, dans la Revue du Libanaise. La séparation a eu lieu lors du Concile de Calcédoine en 451, qui a débattu de la nature divine du Christ. Aujourd’hui, les coptes catholiques (melkites) ont leur propre rite oriental, catholique-copte, célébré surtout en arabe.

Les coptes-catholiques sont une minorité par rapport aux coptes-orthodoxes, relève le patriarche: un quart de million sur près de 7 millions. Les coptes-orhtodoxes égyptiens sont les chrétiens les plus nombreux que l’on trouve dans un pays arabe. Leur patriarche, le pape Chenouda III, se sent proche du gouvernement, même si on le critique pour cela, poursuit le patriarche d’Alexandrie. «Nos rapports sont amicaux. Nous nous contactons à l’occasion des fêtes et le pape Chenouda a participé à la grande cérémonie d’ouverture de l’année jubilaire, ainsi qu’à la réunion œcuménique, lors de la visite de Jean Paul II en Egypte, en février 2000». Le chef de l’Eglise catholique avait alors inauguré la nouvelle cathédrale à Madinet el-Nasr, au Caire. Si le dialogue œcuménique entre coptes orthodoxes et catholiques piétine en Egypte, ce n’est qu’en raison de certaines susceptibilités et de la peur de perdre une certaine autonomie, déplore le cardinal.

160 écoles tenues par les coptes-catholiques en Egypte

Les rapports entre la communauté copte-catholique et le gouvernement égyptien, sont bons, grâce aux relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Egypte et au travail dans le secteur éducatif. «Les écoles en Egypte, c’est notre grand apostolat, nous en avons 160, du jardin d’enfants aux classes terminales, dirigés par des prêtres, des religieux et des religieuses. La moitié de nos élèves sont des musulmans. Les demandes d’inscription ne font qu’augmenter, mais nous devons nous conformer aux normes dictées par le ministère de l’Education nationale concernant le nombre des élèves, le programme scolaire et les rémunérations des enseignants que nous choisissons. Nous attachons une grande importance à l’enseignement des langues étrangères, en donnant la priorité au français, en plus de l’anglais, de l’italien et de l’allemand», poursuit le patriarche d’Alexandrie. Le nombre des émigrés coptes-catholiques dans le monde ne dépasse pas 10’000, répartis entre l’Amérique, le Canada, l’Australie et l’Europe. Au Liban, il n’y a que quelques jeunes en quête de travail et ils ne constituent pas une communauté constituée, comme celle des coptes-orthodoxes.

Sur la même longueur d’onde avec le cardinal Sfeir

Membres du Conseil des patriarches d’Orient, les deux patriarches copte-catholique et copte-orthodoxe se réunissent une ou deux fois l’an, chacun suivant les difficultés et les progrès de l’autre.

Le patriarche Stephanos affirme qu’il appuie pleinement le patriarche Sfeir dans son action visant à redonner au Liban sa pleine souveraineté et sa liberté. «J’exhorte les Libanais chrétiens à rester dans leur pays et à travailler pour son bien. Si les chrétiens de Palestine, d’Israël, de Syrie, d’Irak et du Liban continuent à émigrer, qu’adviendra-t-il de cette terre privilégiée de la liberté de penséée, de culte et d’expression et qui a été celle du Christ, conclut le patriarche d’Alexandrie, dans la Revue du Liban. (apic/rdl/om)

26 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!