Liban: Le Premier ministre accuse les chrétiens d’entretenir un «climat négatif» dans le pays
Vives réactions aux propos de Rafic Hariri
Beyrouth, 6 mars 2002 (APIC) Les milieux chrétiens libanais ont vivement réagi mercredi aux propos du Premier ministre Rafic Hariri. Lundi, ce dernier avait accusé les chrétiens d’entretenir un «climat négatif» dans le pays favorisant l’émigration des jeunes. A Bkerké, au siège du patriarche maronite Nasrallah Sfeir, et du côté de l’Assemblée des évêques maronites, qui achevaient mercredi leur réunion mensuelle, on prépare une «réponse claire» au chef du gouvernement.
Brossant un tableau plutôt optimiste de la situation économique du pays, Rafic Hariri a déclaré lundi soir à la télévision FTV qu’il existe dans le pays «un climat négatif qui pousse les jeunes à émigrer et la plupart de ceux qui l’entretiennent sont des chrétiens». Désignant la communauté chrétienne libanaise, il lui a reproché propager des rumeurs sur un effondrement économique, de pousser les Libanais au désespoir et d’encourager les jeunes à émigrer. «Je pense que celui qui bâtit participe à la gestion du pays et que celui qui démolit ne peut pas demander à participer à cette gestion», a-t-il lancé à l’adresse des leaders chrétiens de l’opposition.
Selon des sources proches du Premier ministre libanais, «le chef du gouvernement n’avait nullement l’intention de s’attaquer à la communauté en tant que telle». Il aurait simplement constaté que la majorité des voix qui prédisent un effondrement du pays sont chrétiennes. Mais les reproches du Premier ministre ont suscité un tollé général dans les milieux chrétiens libanais.
La télévision LBC, mardi dans son journal de 20h, a interrogé plusieurs ténors de l’opposition, dont le député de la région du Metn Nassib Lahoud, qui a qualifié de «honteuses» les déclarations de M. Hariri. D’autant plus honteuses, selon lui, que ce dernier chercherait à imputer au peuple la responsabilité de la dette publique évaluée à quelque 30 milliards de dollars. (apic/orj/be)




